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Choses de la grande Occitanie – Texte fondateur : Être ethnolinguiste en Gascogne (actes du LACITO au complet: ici)

  • Remerciements : Jean-Claude DINGUIRARD, Pierre ESCUDE, Jean-Léo LEONARD, Guylaine BRUN-TRIGAUD, François PIC, Guy LATRY, Laurent Alibert, Jordi PASSERAT, Kathryn KLINGEBIEL, Wendy PFEFFER, Tenso. Des remerciements encore à Christophe VERDOT qui l’a développé et maintenu, Mojahidul Islam MIFTAH qui l’a sécurisé, moi qui le remplis et vous qui y puisez.
  • Vos commentaires, critiques ou suggestions sont très attendues ! Via le formulaire de contact 
  • Appel à textes :
    • Nous venons chez vous pour numériser vos documents anciens en gascon ou occitan. Notre scanner triangle permet de numériser un livre entrouvert à 45° sans abimer la reliure
    • Vous voulez communiquer sur votre travail ou le partager sur notre site ? Nous hébergeons volontiers et mettons en ligne tout texte ancien, surtout rare que vous nous confiez, mais aussi votre travail relatif à au domaine Occitan au sens large
    • Si vous trouvez un manuscrit occitan du XIe siècle traitant de l’épopée de Guillaume d’Orange ou bien malgré notre vigilance subsistait sur ce site un soucis de droit d’auteur, svp de bien vouloir m’en informer via le formulaire de contact.

2024

Louis Dumont et l’école des Mots et des Choses

Notre enthousiasme pour l’Ecole allemande des Mots et des Choses n’est plus à démontrer, voici qu’il se renouvèle. Louis DUMONT pendant son incarcération, traduisait les textes allemands des plus grands savants de cette école. Voilà qui devrait faire réfléchir ceux qui voudraient occulter ce travail du fait de ses origines ou des opinions politiques de certains de leurs auteurs. Sans objection à date de la part du MUCEM qui les conserve, voici déjà l’introduction aux Hautes Pyrénées de Krüger.

  1. « Bibliographie des écrits de Louis Dumont », Revue européenne des sciences socialesvol. 22, no 68,‎ p. 9–15 (ISSN 0048-8046lire en ligne [archive], consulté le )

Numérisation des plus anciens écrits – Bodleian et Vatican

Harley MS 29 28 Dernière cèneGrâce au généreux soutien de la Fondation Polonsky, ce projet rendra 1,5 million de pages numérisées disponibles gratuitement au cours des trois prochaines années. Des parties des collections de manuscrits hébreux, de manuscrits grecs et d’incunables des bibliothèques Bodléienne et vaticane ont été sélectionnées pour être numérisées par une équipe d’universitaires et de conservateurs du monde entier. La liste complète des œuvres numérisées est accessible ici pour les manuscrits grecs, ici pour les manuscrits hébreux et ici pour les incunables.

–> Un article sur les textes occitans se trouve ici.

Jean Séguy

 

abbé Jean MARTIN, (p. s.j.)

Martin, Jean (11 mai 1674 – 6 mai 1752), prêtre jésuite. 1723. Bouquet de cauquos, flouretos, cueillidos sul Parnasso bitterois. Imp Etienne Barbut. Cot BnF YE-16057 (1726) [dàt unique] . Fonds Léon Nelli, N° 1520/7. Document unique qui fut longtemps recherché en vain. L’attribution au père Jean MARTIN repose sur la revue des langues romanes, 1870, vol. 25-26, p. 92 ainsi que dans la même revue, en 1884, Série 3 T12=T26, pp. 87 ssq. Enfin et surtout, sur une réédition et biographie de ses œuvres poétiques par Donnadieu en 1899 (sur Tolosana) qui nous apprend que le père Jean MARTIN est notamment l’auteur d’un texte hommage à Saint-François Régis qu’il a lu lors de la béatification de ce dernier, à Fontcouverte le 11 septembre 1716.

  • Martin, Jean, jésuite de Béziers. 1725. Martin (Jean, jésuite de Béziers).- Trioumphanto receptiu de la princesso Mario, reino de Franço, fait à Moret per Louis XV, soun incoumparable espoux. Béziers, E. Barbut. In-12°, 7 p. Fonds Léon Nelli, N° 1520/6.
  • Martin, Jean, jésuite de Béziers. 1726. Bouquet de cauquos flouretos, cueillidos sul parnasso bitterois. Béziers, E. Barbut. In-12°, 25 p. Fonds Léon Nelli, N° 1520/7
  • Martin, Jean, jésuite de Béziers. 1729. Bouquet de cauquos flouretos, cueillidos sul parnasso bitterois. Dounados per estreno lou premié jour de l’an 1729. Béziers, E. Barbut. In-12°, 8 p. Fonds Léon Nelli, N° 1520/8
  • Martin, Jean, jésuite de Béziers. 1729. Lou printems, imitation de la quatrième ode d’au premier livre d’Horace, solvitur acris hiems, etc. adressade a moussu l’abbé Plomet. Montpellier, J. Martel. In-12°, 4 p. Fonds Léon Nelli, N° 1520/5

A compter du 4 février 2024, la fiche notice de l’abbé Jean MARTIN sera revue par les excellents soins de la BnF. Voir aussi sa fiche notice sur le site de J.-F. Brun

 

Curiosités et nouvelles mises en ligne

 

 

Sous la plage, les pavés !

14/01/2024. La découverte par les archéologues du CLAR de deux voies romaines dans les Landes, remet en question l’idée longtemps véhiculée par le pouvoir central que les Landes seraient « un désert à coloniser ». Plus d’information ici.

Érosions, éclosions : le 21 décembre 2023, les jours de l’ethnolinguistique occitane aussi commencent à rallonger

09/01/2024. Alice TRAISNEL, ethnolinguiste et photographe, soutenait le 21 décembre 2023 une thèse en études occitanes, proposée au label Recherche et Création, visant à établir un état des lieux de la langue occitane en Couserans, et en Camargue. Le texte est une conversation interdisciplinaire enluminée de cartes subjectives qui dialoguent avec ses séries photographiques et les éco-ethnotextes recueillis sur le terrain – « an Ort und Stelle ». Une partie de ce travail peut être consulté en ligne : https://explorartiste.fr/portfoliosets/carnet-these/

À la fois en et hors les rails de l’académie, cette thèse bouscule les cadres, transcende le genre et confine à l’art, avec style : le résultat emmène le lecteur dans l’exploration d’une « géopoétique du vivant » qui donne à aimer, à goûter, à communier avec les hommes et les femmes d’Oc, leur environnement, leurs pratiques et leurs outils, leur langue.

Arnaudin associait ethnotextes et photographies. Jean Séguy et les « réalistes naïfs » de l’école toulousaine dont il a dirigé et inspiré les travaux, ont tous pratiqué l’ethnolinguistique en vivant parmi voire en travaillant avec les locuteurs de leur terrain. Tous ont mobilisé plusieurs disciplines pour décrire, comprendre, faire science. Alice Traisnel innove radicalement par son sens de la synthèse artistico-sémantique. Ses « cartes subjectives » créent le lien avec le lecteur ; et ses dessins d’art avec les frises chronologiques, reliefs et paysages, et les éco-ethnotextes. Une filiation assumée et augmentée d’apports personnels, inattendus et bienvenus tant est faible aujourd’hui l’audience de l’ethnolinguistique, cet enfant mal aimé de la linguistique, surtout en domaine occitan.

« Patience patience patience dans l’azur chaque atome de silence est la chance d’un fruit mûr » : le temps long de l’inculturation, sincère et fraternelle, est celui de ce mûrissement dont parle Paul Valéry, dont l’Université qui octroie cette thèse porte le nom.

Alice Traisnel met aussi en évidence des processus déterminants pour la langue contemporaine des éleveurs et pour les situations de communication.

D’abord, un processus de transmission actuelle de la langue occitane par le travail, et donc ni par répétition de paroles de messe, ni sur les bancs des Calandretas, ni sur les genoux maternels.  Il existe encore, malgré les bouleversements linguistiques et la difficile situation diglossique avec le français, un occitan conservé par le travail : ni dieu, ni maître, ni mère.

Alice Traisnel montre comment la langue occitane, entité intangible et pourtant bien ancrée, évolue aussi sous l’influence des choix de société locaux (introduction de l’ours) et des contraintes environnementales plus globales (changement climatique, hausse du niveau de la mer).

Ainsi, l’introduction de l’ours en Ariège créée le besoin de bergers, souvent recrutés “hors-sol” et “hors culture” pour protéger les troupeaux que l’on ne peut plus laisser aller en liberté sans une surveillance rigoureuse. Le travail et ses nécessités, spécialisent et conservent une langue d’oc hybridée par les brassages de populations et les progrès techniques. L’occitan des estives ariégeoises se transmet aujourd’hui de faire en fils ou disciple. « On ne conserve bien que ce qu’on utilise[1] », mais très rares sont les bergers qui parlent ou comprennent la langue maternelle des éleveurs.

La Camargue permet de parler d’un autre processus plus préoccupant, car plus global. L’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère entraîne la hausse inexorable du niveau de la mer qui, en pénétrant les sols côtiers, les salinise et les rend impropres à l’agriculture – celle de l’asperge, par exemple. Les agriculteurs s’adaptent et deviennent, en plus de leur activité principale, éleveurs et animateurs d’écotouristes.

En conclusion de ses enquêtes sur ces deux terrains, Alice Traisnel nous apprend qu’en Couserans, il y a une fracture assez nette dans la transmission de la langue de vie et de travail induite par des mutations importantes du métier et des pratiques. Comme les terres et les savoir-faire, l’usage de la langue occitane en Couserans ne dépasse que très rarement le cadre intime où elle se conserve pourtant très bien.

En Camargue, la passion du taureau, devenue une culture en soi, assure, au contraire du Couserans, une forme de continuité même si la langue se pare davantage de francitan. L’ouverture à l’écotourisme et à des publics étrangers aurait peut-être pu mettre à mal cette transmission, mais l’usage de la langue y est restée naturelle, perpétue et enrichit en permanence l’Idéio baroncellienne d’une Camargue mythique.

Alice Traisnel rend hommage à Arnaudin, aux chercheurs passionnés, et nous montre qu’il est toujours possible d’être ethnolinguiste, en Occitanie, aujourd’hui. Nous espérons la publication prochaine de cette thèse et de nombreux autres travaux par la suite.

F.D. et A.T.

[1] Citation du professeur Juste Boussienguet, zoologue gabonais engagé dans les politiques de conservation des forêts.

Bona annada e bon an nòu ! 

(Crédit image : DreamStudio AI)

Quelques faits marquants de l’année :

  • janvier : avant dernière touche à un article sur Léon Lamouche
  • août : dernière touche à l’entré Wikipedia pour Fritz Krüger
  • septembre : les rencontres avec les personnes remerciées ci-dessus en particulier et tant d’autres, le XIVe congrès de l’AIEO à Münich en septembre,
  • novembre : mise en ligne de tout ce que j’ai pu collecter de la bibliographie de Jean Séguy, dont une référence inédite (anecdotique car il s’agit d’un article publié dans plusieurs autres revues)
  • décembre :
    • mise en ligne de la carte biotopographique d’Antonin Perbosc
    • soutenance de thèse d’Alice TRAISNEL à l’Université Paul Valery de Montpellier, sur l’état de la langue occitane en Camargue et en Couserans
    • la découverte parmi les vieux textes conservés à la BnF (Arsenal) de l’édition originale d’un floureto du biterois Jean MARTIN et toute une volée de nouveaux textes mis en ligne
    • Découverte de Chat GPT et de ses compétences en diverses nuances de gascon

 

Nouvelles mises en ligne, décembre 2023

 

PERBOSC, Antonin. Carte biotopographique du Quercy. [s.l], C. 1900.

PERBOSC, Antonin. Carte biotopographique du Quercy. [s.l], C. 1900. © Pôle Patrimoine Culturel – Ville de Montauban / Bibliothèque patrimoniale, Ms 429.
PERBOSC, Antonin. Carte biotopographique du Quercy. [s.l], C. 1900.
© Pôle Patrimoine Culturel – Ville de Montauban / Bibliothèque patrimoniale, Ms 429. Carte établie par Antonin PERBOSC. Je remercie chaleureusement M. François PIC de m’avoir informé de son existence en août 2023 et Mme MAZZUCHINI de la bibliothèque patrimoniale de Montauban, de m’en avoir communiqué cette copie numérisée, publiée ici sous convention avec la bibliothèque patrimoniale montalbanaise. La plupart des noms sont lisibles et voici donc la même carte, enrichie d’hyperliens vers les notices de personne correspondant. Toute personne qui possède des indices pour identifier et localiser les personnes en rouge, peut me contacter via le formulaire dédié, en haut de page :

– deux membres de la famille de Durfort : un B… et un R…
– Paul Delar (Cahors)
–  B Fernand (Puylar)
– Mme Mammajore ou Hammayore (illisible pour moi) à Moissac

Dissidence des Bons hommes et Bonnes femmes

Et pour une introduction historique à la Voie cathare de l’humilité, de la foi, de la vérité on lira la « Petite histoire de Cathares » de Anne BRENON, aux éditions cairn.

 

Le Graal du Médiéviste

A partir du manuscrit Ms-5229 conservé par la BnF, le médiéviste Emanuele Arioli se lance en 2010 à la recherche des écrits inconnu chevalier Ségurant. Ségurant est ensorcelé par la fée Morgane qui le condamne à poursuivre indéfiniment un dragon qui n’existe pas. ARTE nous livre un reportage qui tient de l’enquête scientifique et de la quête : 10 ans de recherches rendues possibles par le dévouement inconditionnel des artisans de la conservation documentaire, produit par ARTE et diffusé le 25 novembre 2023 à 20h50.

 

 

 

Ecrivains occitans sur l’INA – extraits

Pèire Godolin par Pèire Escudé (Montpellier : Thèse, dir. P. Gardy, P. Martel…)

Escudé, Pierre. 2000. Lecture du Ramelet Moundi de Pèire Godolin (1580-1649) : rapports entre pouvoir politique et pouvoir poétique à Toulouse aux XVIème et XVIIème siècles.

 

KBR – Bibliothèque Royale de Belgique

Dis-moi, Chat GPT, quelles bibliothèques conservent des livres en occitan ? La réponse est très générale, mais mentionne la KBR, qui ne permet pas de recherche avancée sur le critère « langue ». Contactés par email, les professionnels de la KBR m’ont répondu aussitôt en me fournissant la liste en question – qu’ils en soient ici remerciés. La langue occitane est bien vivante : on y trouve surtout des ouvrages postérieurs à l’an 2000, dont un de Mme Verny (coucou !). Voici la liste des liens, bonne découverte : Titre_1Titre_2Titre_3 ; Titre_4  ; Titre_5  ; Titre_6 ; Titre_7 ; Titre_8 ; Titre_9 ; Titre_10 ; Titre_11Titre_12Titre_13Titre_14Titre_15Titre_16Titre_17

 

L’ethnolinguistique appliquée à la littérature ? 

Certains linguistes se sont risqués à cet exercice d’équilibriste qui pousse très loin l’impératif d’interdisciplinarité fondateur de la discipline, en étudiant des romans. Un glissement méthodologique s’opère alors : la sémantique se substitue à l’investigation des realia, avec humilité et sérieux dans le cas de Cahuzac, Philippe. 1979. « les limites respectives de l’ethnolinguistique et de la sémantique dans le domaine de la dialectologie et les modalités d’application des méthodes ethnolinguistiques a une œuvre écrite savante », in Ethnolinguistique : contributions théoriques et méthodologiques : actes de la Réunion internationale « Théorie en ethnolinguistique », Ivry, 29 mai-1er juin 1979, pp. 195-211.

C’est également le cas, lorsque la Société des Etudes Lupiniennes applique les méthodes de l’ethnolinguistique au roman policier dit « populaire » et nous livre une demi-douzaine de numéros de la Revue des Etudes Lupiniennes (voir le n° 5, 3è éd.) dont il est rendu compte du premier lustre d’études par la revue Littérature en 1972 .

Nous aurons bientôt l’occasion grâce au colloque du SHESL de savoir si cette approche perdure aujourd’hui encore : rendez-vous du 31 janvier au 2 février 2024 à Paris et plus généralement, après le triste constat de Christine Jourdan et Claire Lefebvre en 1999, de voir ce qu’il reste de l’ethnolinguistique aujourd’hui et pour ce qui nous concerne, si l’on peut espérer d’autres monographies d’autochtones sur ces parcelles ignorées de nos terroirs.

Colonel Léon LAMOUCHE (Paris, le 8 mai 1860 – Paris le 18 juillet 1945)

Colonel du génie, ancien élève de l’Ecole de Polytechnique et de l’Ecole nationale des langues orientales (roumain, turc, russe, bulgare), officier de la légion d’honneur et croix de guerre, ancien chef d’état-major de la mission militaire internationale chargée de réorganiser la gendarmerie en Macédoine et, plus tard, dans l’empire Ottoman, chef du 2e bureau de l’état-major de l’armée française d’Orient (expédition des Dardanelles de 1915). Spécialiste des affaires balkaniques et surtout bulgares, auteur prolifique et expert, nous honorons sa mémoire ici pour sa contribution à la reconnaissance et à la valorisation de l’identité linguistique occitane. En 1900, 12 ans jour pour jour après le discours de Paris de 1888 sur les parlers de France, aux côtés de Camille Chabaneau, il publie une classification des dialectes de la langue d’oc, où il invente un grand dialecte non-documenté à date : le Limousin-Dauphinois, qui regroupe le Dauphinois, le Lozérois, l’Auvergnat et le Limousin. Ce regroupement va au-delà du seul Dauphinois de Mistral et correspond à l’ alpin-dauphinois de Jules Ronjat, ou d’Alibert en 1935, et au « vivaro-alpin » de Pierre Bec (Cf; travaux de Quentin GRANIER en 2020). En 1902, au terme d’une collaboration avec La Magalouna, il publie une grammaire languedocienne des parlers de Montpellier et de Lodève, dont la préface visionnaire mais à contre-courant de la Romania, ne sera pas reprise dans la réédition de 1942. Lamouche, avant M.-L. Wagner qui le cite (Wagner, Max L. — Algunas observaciones generales sobre el Judeoespañol de Oriente. En : Revista de Filología Española, Madrid, 1923, Tomo X, pp. 225-244.), étudie et publie sur le judéo-espagnol parlé par les juifs de Salonique (Léon Lamouche, « Quelques Mots Sur Le Dialecte Espagnol Parlé Par Les Israélites De Salonique », Romanische Forschungen, vol. 23, no. 2,‎ 1907, p. 969-991).

On trouvera ici une bibliographie sur le sujet : Besso Henri V. Bibliografía sobre el judeo-español. In: Bulletin Hispanique, tome 54, n°3-4, 1952. pp. 412-422.

Comparer et comprendre : la littérature des troubadours

Daniel W. Lacroix nous offrait en 1996, deux articles d’analyse comparée et de mise en perspective de la littérature des troubadours, comparée aux Saga Islandaises et au roman français, au XIIIe. De quoi donner envie de lire à ceux à qui il reste de la place dans leurs bibliothèques, mais voici déjà en ligne et sans plus tarder les deux articles en questions (Persee) :

 

ALG VII – Aitor Carrera presente un obratge monumentau sus er occitan d’Aran !

Aïtor Carrera (lien vers sa bibliographie) nous fait bénéficier de 25 ans de recherche en Val d’Aran : 300 cartes linguistiques issues d’une vingtaine de villages et de nombreux documents et sources orales. L’enquête dialectologique traite des aspects phonétiques et morphosyntaxiques du gascon parlé en Val d’Aran. Cet ouvrage rédigé en catalan, s’inscrit dans la lignée des Atlas linguistiques français, lesquels ont failli s’arrêter à la frontière franco-espagnole car l’ALG n’a tenu compte que de deux villages aranais. Aïtor Carrera fait donc ici plus qu’œuvre de science : il comble un grand vide de l’histoire des Atlas linguistiques, nous donne la fierté et la joie de nous réapproprier cette connaissance et enrichit en beauté, la trop maigre liste des monographies locales réalisées par des savants autochtones. L’ethnolinguistique vit encore et toujours, pour notre grande joie. Voir l’article du Jornalet en occitan (gascon) et commander l’indispensable ouvrage en cliquant ici Le 11/10/2023.

 

  • L’âme occitane et la transcendance selon Simone Weil 

Dans un article publié en 1943 sous le pseudonyme Emile NOVIS dans le numéro spécial de la revue « Les cahiers du sud » dédié au Génie d’Oc – à lire absolument -, la philosophe Simone Weil qui fut élève de René Le Senne, brosse d’abord un tour d’horizon synthétique des piliers de la foi des civilisations dont nous héritons. En quelques lignes précisément ciselées, elle décrit la filiation des mystères depuis l’ancienne Égypte jusqu’au Christianisme en passant par la Grèce qui n’a eu de cesse d’inviter à la transcendance, par la sagesse et les arts, par la science et l’architecture. Pour la petite histoire, Simone Weil et Joë Bousquet se sont rencontrés pour collaborer à ce cahier.

 

Weil ébauche aussi la foi Perse, celle d’Israël, d’Inde, de Chine. Weil souligne la stagnation spirituelle occidentale du XXe siècle, qui ne se lasse pas de surajouter à l’héritage grec de ces « ponts » vers le Divin mais sans oser les franchir. Simone Weil surtout, décrypte dans cet article la grandeur et la révélation particulière du peuple d’Oc, manifestée par le catharisme, par la Courtoisie des « vrais troubadours », par un sens religieux du dévouement et de l’obéissance exaltés jusqu’à l’humiliation qui prépare l’âme à rejoindre le divin. Elle trouve les mots pour dire la douleur du deuil d’une civilisation tuée par l’usage de la force, rappelant au passage que même dévoyées, les institutions corrompues n’ont pu commettre ces massacres qu’avec la complicité d’hommes d’armes à qui l’on promettait la rémission inconditionnelle des péchés – qu’avaient-ils donc déjà se reprocher pour que perpétuer un massacre leur semble expiatoire ? – et à plus court terme, les terres et les biens des vaincus. Il nous reste à prendre son bâton de philologue-pèlerin pour remonter le cours du temps, dissiper les brumes de l’oubli, renoncer au moins partiellement au confort matériel et à la sécurité pour retrouver le chemin de l’âme d’Oc et lui donner corps aujourd’hui et demain. Ce hors-série des Cahiers du Sud publie, de Simone Weil, une relecture philosophique de la croisade des Albigeois, ainsi que des hypothèses relatives à la spiritualité Cathare proposées par l’étonnant Déodat Roché. Nelli et Bousquet se joignent à cet exercice collectif carcassonnais pour proposer de relire ainsi les troubadours avec cœur et en esprit. Le texte de Simone Weil est disponible auprès de librairie de l’AIEO, édité par la Chambra d’Oc, en occitan et en italien. Simone Weil (Emile Novis) a publié les articles suivants dans « les Cahiers du Sud » :

  • Décembre 1940 et Janvier 1941 : L’Iliade ou le poème de la force
  • Mai 1941, p. 288. « La Philosophie », article sur le congrès Jociste
  • Avril 1942, p. 303 : « L’avenir de la science »
  • Août 1942 (numéro spécial : le Génie d’Oc – l’homme méditerranéen), p. 99 « L’agonie d’une civilisation vue à travers un poème épique » et p. 150 « En quoi consiste l’Inspiration Occitanienne »
  • Déc. 1942, p. 102 « Réflexion a propos de la théorie des Quanta »
  • 1944, p. 140 : « Morale et Littérature »

(source : Retronews)

 


Archives

  • Ethnolinguistique – Le langage et le sens de la vie des hommes en prise avec les choses de leur terroir

L’ethnolinguistique hérite de la géographie linguistique (branche de la dialectologie, dont les pères fondateurs sont Gilliéron, Edmont et Dauzat puis à leur suite, l’ensemble des auteurs et enquêteurs d’atlas linguistiques) et de l’école allemande des Wôrter und Sachen (les mots et les choses), dont le père fondateur est Hugo Schuchardt. L’ethnolinguistique étudie « ce que nous faisons lorsque nous communiquons » (Calame-Griaule, G., Lacito, 1979), en tenant compte du contexte de situation et de l’ensemble des protagoniste de la communication (Pottier in Langages; Dinguirard in Lacito, 1979 ; Ravier in memoria di Carlo Battisti).  L’ethnolinguistique étudie le language, dont elle cherche à expliquer les faits et les processus, de manière intégrée à la vie et à la culture des locuteurs. L’ethnolinguistique sollicite les compétences d’autres disciplines scientifiques, au premier rang desquelles : l’histoire. Cela pose une première difficulté à l’ethnolinguiste : celle qui consiste à définir le périmètre de son étude afin de livrer ses résultats dans des délais raisonnables. Certes, il y a des exceptions : Rondou s’est peu préoccupé de limiter le périmètre de sa monographie, qui fut donc l’œuvre d’une vie : 34 ans de travail, un splendide manuscrit illustré et enluminé. Dinguirard a circonscrit son étude à deux hameaux pyrénéens en situation de quasi-bilinguisme gascon-gascon (Ethnolinguistique de la haute vallée du Ger). Fossat est, avec Séguy, le seul de cette école à être mentionné – et salué – par la rétrospective de J.-C. Chevalier et P. Encrevé (Combats pour la linguistique, de Martinet à Kristeva. 2022. ENS). Fils de boucher, il a limité le champ des études qu’il mène ou qu’il dirige au langage propre à un métier : bergers (Besche-Commenge. 1977. Le savoir des bergers de Casabède, vol I ), corons (Gonzalez, D. 1977. L’Occitan parlat jos tèrra), viticulteurs (Jaguenau, L. et Valière, M. 1977. L’Occitan parlé à Lespignan (Hérault) la langue des viticulteurs) ou à la filière de la viande (Fossat : Gestes et langage du marché du bétail ; La formation du vocabulaire gascon de la boucherie et de la charcuterie – Etude de lexicologie historique et descriptive, Toulouse : 1971). Tous, produisent des œuvres intelligentes – au sens de « qui donne à comprendre » – et qui touchent au cœur des hommes et des femmes par leur langue. L’ethnolinguistique rend compte du sens de la vie des hommes et de leur langage lorsqu’ils sont en prise avec les choses de leur terroir. L’ethnolinguiste est un enquêteur de terrain – an Ort und Stelle -, d’inculturation, d’engagement personnel. Tous furent ethnolinguiste avec leur cœur et avec leurs tripes, à la recherche de ce qui fait sens au milieu du tumulte et des vacarmes de la vie humaine. Au point que Jean Séguy – inventeur de l’ethnolinguistique gasconne selon Dinguirard – ira jusqu’à interroger la validité du concept de signifié, entre le mot et la chose qu’il désigne (Séguy, Annales du Midi, Tome 84, N°106, 1972. p. 95). Cela semble évident aujourd’hui, mais l’Ecole de Toulouse rassemblée par Jean Séguy autour de lui a fait abondamment usage de toutes les « méthodes indirectes » d’enquête disponible à leur époque : enregistrements sonores sur bandes magnétiques, photographie. Ils auraient filmé et mis en ligne s’ils en avaient eu les moyens. Jean-Louis Fossat – seul survivant – a tenté de se rattraper ces dernières années avec son site Occiton.

  • Gran enciclopèdia catalana, volume 10, page 666

Enciclopedia Catalana - Occitania carte linguistique, vol 10 p. 666C’est grâce au fabuleux dictionnaire de Jacme Taupiac (Taupiac, J. 1977. Pichòt Diccionari Francés-Occitan. IEO), à l’oeil aiguisé de G. Brun-Trigaud et aux bons soins des gardiens de ladite encyclopédie que nous pouvons partager cette carte de l’entrée « Occitania« , volume 10 page 666, curieusement non-reprise dans la version en ligne de cet ouvrage de référence. Je lance ici un appel au géographe qui voudra bien superposer les noms de villes, surtout aux frontières de cette carte afin de nous révéler la vision du monde occitan qu’elle recèle.

Aux heureux détenteurs dudit dictionnaire : lisez les entrées « Occitania » et « Tolosa », notez le choix éditorial quant aux photos des illustres qui agrémentent ce bel ouvrage, et soyons fiers de nos racines.

  • L’encyclopédie : le mot et la chose

Cet article de Marcel FRANCON publié dans Via Domitia n° 28 en 1982 souligne qu’à l’origine, l’encyclopédie reliait les connaissances entre elles, avant d’évoluer vers un amoncellement de connaissances isolées et disparates, l’auteur révèle son âme d’ethnolinguiste « dans le principe » et son article prend naturellement, donc, sa place dans cette revue.

  • Vallée de Bethmale, Wôrter und Sachen, Albert Dauzat et Louis Saudinos
Bât à clan. Crédit Photo : Louis SAUDINOS.
Bât à clan. Crédit Photo : Louis SAUDINOS.
ALG II, I bast sarahuat
ALG II, bast sara hust

D’abord intrigué par cette photo du fonds Saudinos au musée ATP de Luchon, j’ai compulsé l’atals linguistique et ethnographique de la Gascogne, vol II, définitivement indispensable qui fournit un dessin de ce « joug sans côtés » très particulier, qui semble propre à la vallée de Bethmale, point 790S. Il y est désigné comme « bast saa hu̩st ».

AIS VI, 1233 — ALC 245 ALFs

 

  • Les travaux innovants et précurseurs de Théobald LALANNE suscitent de nouvelles recherches
L’œuvre scientifique de l’abbé Lalanne relative au gascon maritime suscite de nouvelles recherches et de nouvelles découvertes ! M. Grégory Gélébert, en Mastère à l’UPV sous la férule du Professeur Jean-Léo LEONARD, cosigne l’article « Gnose de Théobald Lalanne, dialectométrie et complexité : La traversée du (sous)dialecte landais« . Je ne peux que reprendre à mon compte la conclusion des auteurs, moi qui ai lu plusieurs fois l’ « Indépendance des aires… » en y trouvant du génie et un esprit scientifique assoiffé de vérité, qui crée une science, ses méthodes et ses outils alors qu’il ne dispose que d’une Simca, de quelques cigares et alcools forts pour délier les langues, de carnets de notes et de crayons de couleurs.
Les auteurs reprennent les relevés minutieusement manuscrits, pour les soumettre aux outils informatiques modernes. Bonne lecture !

 

  • Les mots et les choses
Bât à clan. Crédit Photo : Louis SAUDINOS.
Bât à clan. Crédit Photo : Louis SAUDINOS.

Nous remercions pour leur autorisation de mise en ligne, l’auteure Mme Elisabetta Carpitelli et son éditeur, Marc Arabyan à la tête de l’incomparable maison d’éditions Lambert Lucas.

Et nous vous proposons donc de relire aujourd’hui, l’excellente introduction par Elisabetta Carpitelli, « présentation de Sachen und Wörter (1912) », in Hugo Schuchardt : Textes théoriques et de réflexion (1885-1925). Edition bilingue étabie par R. Nicolaï et A. Tabouret-Keller, coll. De P. Caussat et E. Carpitelli, Limoges, Lambert-Lucas, 2011 qui nous remémore notamment l’appel de Schuchardt en 1904, appelant de se vœux que soit constitué un Atlas imagé (photos et esquisses d’objets quotidiens) ainsi qu’un musée ethnologique de l’aire romane afin que les linguistes se familiarisent avec les « choses » des terrains qu’ils étudient, soulignant l’interpénétration de l’univers linguistique et de celui de la culture matérielle. Pour « bâtarde » (le mot est de Van Gennep) que soit la méthode ethnolinguistique de cette école, elle me plaît beaucoup et renvoie après tout, en version savante, à une méthode pédagogique qui a longtemps fait ses preuves.

  • Le dictionnaire gascon de Jean Bourdette

Citation :  » L’Essai de vocabulaire du gascon du Lavedan (1866-1899) est un manuscrit original compilant 1404 feuilles commencé par Jean Bourdette en 1866 et repris quelques 23 années plus tard vers 1889 pour y apporter des modifications et le compléter. Composé de 4 tomes, ce dictionnaire linguistique est organisé par ordre alphabétique des termes suivis d’expressions courantes les utilisant. Jean Bourdette (1818-1911), né à Argelès-Gazost, est un agronome de formation qui a suivi sa carrière professionnelle, administrative et scientifique, à Paris. A la retraite, il revient dans le Sud-Ouest et commence ses travaux d’érudition sur la botanique et l’histoire du Lavedan. Ce document est entré au Musée pyrénéen en 1924 par un don de la fille de Jean Bourdette, Mme veuve Paquette. », Source : Archives départementales des Hautes-Pyrénées

  • Actualité de la parémiologie gasconne : une baleine à Mimizan

Lundi 26 décembre 2022, un baleineau échoué sur la plage de Lespecier à Mimizan, était remis à l’eau. Les proverbes recueillis par Félix Arnaudin comptent une et une seule trace de baleine non-loin de Mimizan (Mamisan) : ‘Lou boun Diu nes ouayti / Dou coudic de le balene, / Dou cantit de le serene, / De le tou de Cordouan / É dou clouché de Mamisan / (É dous très pins de Coûntis)’ – Que le bon Dieu nous garde de la queue de la baleine, du chant de la sirène, de la tour de Cordouan et du clocher de Mimizan (et des trois pins de Contis). Arnaudin, Félix. [Recueil des] proverbes de la Grande-Lande, édition de 1996, page 422, n° 229

  • Louis SAUDINOS, Pays de Luchon

Louis Saudinos (1873-1962) – « Connaître, comprendre, construire ». Créateur, promoteur et donateur de la section des Arts et traditions populaires du Musée du Pays de Luchon, Mestre d’Obro du Félibrige (Escolo deras PIreneos), fût lauréat du prix du Barron de Lassus pour ses études sur les mœurs et les coutumes traditionnelles et populaires dans les hautes vallées d’Oueil et du Larboust (RC, 1947, T60 – 1950, T63, p. 122). Membre de l’Académie Julien Sacaze à compter de 1939, il en est élu Vice-Président pour les années 1955 et 1956 puis, le 30 août 1956, Président pour les années 1957 et 1958. Par leg testamentaire, Louis Saudinos fait don de nombreuses pièces au Musée du Pays de Luchon et exprime le souhait que Jean Castex soit nommé Conservateur de la Section qu’il avait créée. En 1958, il fait partie de la Commission qui veille au bon emploi des fonds collectés en vue de la sauvegarde de l’Eglise romane de Benqué-Dessus. « Saudinos, que s’ei tournat hol » [1], disait-on de lui, parce qu’il vidait les greniers pour augmenter la collection du musée de Luchon : une qualification populaire spontanée qui n’est pas sans rappeler celle que reçut en son temps, Félix Arnaudin qu’on traitait de Pèc dans ses Landes, à l’autre extrémité de la même Gascogne, tandis qu’il rémunérait en monnaie le temps qu’il prenait à ses informateurs et informatrices, sur les heures de labeur domestique ou agropastoral. Tandis que Théobald Lalanne déroulait son questionnaire linguistique dans les Landes de Gascogne, de village en village – de point d’enquête en point d’enquête – au volant de sa Simca, distribuant cigares et alcool fort pour délier les langues, Louis Saudinos parcourait en autobus le Pays de Luchon, offrant sucreries, cigarettes ou verres de blanc contre les vieux objets devenus inutiles ou hors d’usage – hors d’âge – qu’il collectionnait. Enfin, la Revue de Comminges a publié [2] une préface de Jean Séguy qui souligne les remarquables qualités de la collecte d’éléments linguistiques de Louis Saudinos et souligne leur nécessité pour l’ethnolinguistique.

(Photo : notre scanner « triangle » (Tamtus, Visual Table) en situation de numérisation à l’entresol du Musée du Pays de Luchon »)

Bibliographie :

[1] : Castex, Jean. 1973. « Un centenaire : Louis Saudinos (1873 – 1962) créateur des collections d’Art populaire du musée de Luchon », Revue de Comminges, volume 86, pp 156-159

[2] : Séguy, Jean. 1956. « Préface à une étude linguistique de M. L. Saudinos », Revue de Comminges, volume 69, pp. 23-24 

[3] : Castex, Jean. SD. « Comprendre, construire, connaître : le dernier compagnon des arts pyrénéens – un portrait et une bibliographie de Louis Saudinos ».

[4] : Musée de Luchon. SD. Les salles Saudinos du musée de Luchon. 75 pages.

Voir notre article pour une bibliographie complète de Louis Saudinos. Parmi les éléments collectés ou rédigés par Louis Saudinos, le Musée du Pays de Luchon conserve plusieurs textes, tels que ceux-ci :

Le Petit Commingeois, organe des Pyrénées centrales

Le Petit Commingeois n’est plus publié depuis longtemps. Ce modeste journal pourtant, constitue aujourd’hui un véritable conservatoire, un musée ethnologique et parfois linguistique de nos chères Pyrénées. Dans le cadre de nos recherches pour remettre au jour l’œuvre de Louis Saudinos, dont nous avons proposé une première entrée sur Wikipedia et nous appliquons à reconstituer la bibliographie sur ce site (voir rubrique « Tout »), nous avons noté certains articles de belle signature, que nous vous livrons ici grâce aux bons soins de la BnF (bénie soit cette institution et les collaborateurs de son atelier de reproduction) :

BAILLY, Rosa. « L’hospice de Vella » et « Haute Ribargozane », Le Petit Commingeois, 12 novembre 1954, p. 1

CARRERE, Jean. « Mirages », Le Petit Commingeois, 12 décembre 1954, p. 1. 

DESTEL, Louis-Henri. « Era loubatero et le tailleur d’habits (Le piège à loups) », Le Petit Commingeois, 2 mai 1954, p. 1

LIZOP, Raymond (majoral du Félibrige). « Mistral et la valeur de son message », Le Petit Commingeois, 12 décembre 1954.

MESURET, Robert. « Odilon Redon dans les Pyrénées », Le Petit Commingeois, 2 mai 1954, p. 1

. « Les peintres pyrénéens du XVIe siècle », Le Petit Commingeois, 12 décembre 1954, p. 1. 

SOULE, Louis. « Le Théâtre de la Nature de Castelvieil et le Théâtre des Rochers » (première partie).

 

  • Mussot-Goulard, Renée. Les Princes de Gascogne

Eléments de recension (Dinguirard, J.-C. notes MS, SD et tentative de retranscription). Mais, pour une immersion complète, on lira aujourd’hui Benjamin Caule. 2022. Gascogne mystérieuse, La Geste éd avec de belles cartes anciennes, de minutieuses fresques historiques de la Gascogne, une forte influence de R. Mussot-Goulard et une traduction très bienvenue de Marcabru et de Marcoat.

 

 

 

  • Les proverbes comme style poétique, les proverbes en épîtres et en chansons : appel à textes

Plus que tout autre paysan, le gascon des montagnes est contraint par son environnement, à la plus grande efficacité économique. En littérature, on pense alors aux haïkus. S’agissant de transmettre une information, on pense à Félix Fénéon. Le paysan gascon inventait le proverbe chanté.

Deux textes, étonnamment semblables dans la méthode, le procédé et la forme, issus de deux vallées voisines des Pyrénées gasconnes : la chanson « Les mœurs du Ger » (Haute vallée du Ger) mise au jour par Jean-Claude Dinguirard en 1975 (thèse d’état en ethnolinguistique), et la « Lettre aux Communes de Luchon » mise au jour par Louis Saudinos dans Le Petit Commingeois le 22 avril 1956 (10ème année, n° 431). Les similitudes entre ces deux textes posent la question de l’existence d’un style, qui réclame une enquête.

Guy Latry sollicité à ce sujet suite à un signalement par Tederic (Gasconha) d’un chant recueilli par Anraudin, localise dans sa biographie de Félix Arnaudin aux pp. 94-95 la chanson des communes recueillie en son temps par Arnaudin « Lous Sen̍guineuts soun lous pintayres̍ » et plus récemment mis en chanson par Ric dou Piaou. Guy Latry nous fait connaître deux autres textes recueillis par Patrick Lavaud, lesquels ont toute leur place dans ce début de collection :

Tederic nous signale encore « Autour de Gabarret, touts qu’i passen !« , texte tiré du dictionnaire gascon-français de l’Abbé Foix.

–> Je serais vivement reconnaissant envers quiconque passant sur cette page, voudrait bien me transmettre toute information d’analyse ethnolinguistique sur ce trait commun, et tout autre texte à verser dans ce début de collection en prenant contact ici ou en écrivant directement à contact/’at’\ethnolinguiste.org

  • Occitanie, qu’es acò ?
L'Occitanie, qu'es acò ? Via Domitia n° 24, 1980
L’Occitanie, qu’es acò ? Via Domitia n° 24, 1980

Quelles sont les frontières de l’Occitanie ? Depuis quand ? Quels idiomes y sont parlées ? Autant de questions auxquelles il est plus complexe qu’il n’y parait de répondre.

Le n° 24 de la revue Via Domitia en téléchargement ci-contre, propose un article de Michel BANNIARD qui étudie la question de la transition du latin tardif au proto-roman (français et idiomes occitans prélittéraires).

L’auteur évoque notamment le discours de Gaston Paris de 1888 qui a fait tant de mal en niant jusqu’à l’existence des idiomes ou dialectes méridionaux – voir notre autre article ici -, ainsi que le « concept » de croissant, à l’interface nord et objet de la thèse  de Guylaine Brun-Trigaud (cliquer pour télécharger via HAL).

Ces idiomes longtemps dénigrées, sont scientifiquement documentées : les atlas linguistiques (voir Cartodialect ) et les atlas sonores (voir limsi) en illustrent la variété, les richesses, les spécificités. Les travaux contemporains de dialectométrie mobilisent la puissance de calcul et de représentation graphique des outils informatiques modernes (lien vers un article de Hans Goebl) – M. BANNIARD dans son article cité plus haut, fait référence à l’inventeur de cette discipline scientifique : Théobald Lalanne.

Note personnelle : je n’ai jamais rencontré quiconque se réclamant de, ou s’identifiant à, l’Occitanie – si diverse ! Fiers gascons, commingeois, béarnais, ou toulousains, « de la vallée de » ou « du pays de », chacun sa langue, chacun sa culture. De nombreux traits communs ? Sans doute. Différenciants d’avec « plus au nord », c’est très probable.

 

  • Martor – De la transcription de l’oralité aux pratiques orales de l’écriture

Le dernier numéro de MARTOR Journal, Revue d’Anthropologie du Musée du Paysan Roumain, paru fin 20222, traite du thème « De la transcription de l’oralité aux pratiques orales de l’écriture « . L’intégralité de son contenu peut être consulté en ligne : https://martor.muzeultaranuluiroman.ro/. Notamment :

Mirela FLORIAN – Lettres en vers de la Grande Guerre

Diana MIHUȚ – Enregistrer sa propre culture orale : une étude de cas sur les carnets de notes des habitants

Florenţa POPESCU-SIMION – Quand les gens écrivent comme ils parlent : une analyse des lettres laissées sur les tombes miraculeuses du cimetière catholique de Bellu

  • Des quantas en linguistique ?

Si vous avez mon âge, on vous appris – alors que c’était déjà caduque – que la matière était faite d’électrons sagement en orbite autour d’un noyau. Depuis, vous savez que l’énergie se capte et se libère par quanta (petites totalités cohérentes entre deux états relativement – si j’ose dire – stables) et que le bon vieux noyau est bien plus complexe et composé de nombreuses particules qui restent en partie à trouver. A l’échelle macro enfin, on découvre aussi des imbrications d’amas en relations entre eux… Entités… relations…

Passons au parallèle avec l’ethnolinguistique. Petits, nous avons appris le signifiant et le signifié. Plus grand, nous avons ajouté le référent, le contexte de situation, et quelques autres satellites. Cet article pourtant daté de 1970, nous envoie beaucoup plus loin : des indénombrables spécificités qui caractérisent cet animal en particulier, l’homme qui l’élève ne verra qu’un ensemble d’aspects cohérents (santé, génétique, élevage, marchandisation…) qu’il décrira de manière tout aussi spécifique en fonction des buts et des intervenants… le langage s’enrichit bien au-delà du tandem initial signifiant/signifié, et réciproquement : le choix des mots révèle les processus et les spécialités des regards des locuteurs. Bref, j’ai beaucoup aimé lire cet article : Besche-Commenge, Bruno. 1981. « Lexique-nature-société : les dénominations des ovins à Sentenac d’Oust ». International Journal of sociology and language, n° 29, pp. 121-139. La Haye : Mouton.

  • Biodiversité des Landes de Gascogne

Métivier, Charles-Gabriel-François-Hyacinthe-Denis (1788-1862 ; Vicomte de). De l’agriculture et du défrichement des landes. Bordeaux : Lafargue, 1839 numérisé et mis en ligne par BabordNum.

Numérisé et mis en ligne par BabordNum. Contient un dictionnaire gascon-français, des verbes conjugués, divers éléments de vocabulaire (pp.709-748) ainsi qu’un catalogue des oiseaux de passage.
Contient le prix du maïs aux différents mois de l’année, ainsi que 4 planches finales, façon « les mots et les choses ».
Cet ouvrage s’il avait été suivi, aurait valu aux Landes de Gascogne une toute autre biodiversité que la monoculture de pin maritime qu’on lui connaît aujourd’hui.

  • Biodiversité en montagne

Intéressant regard de l’ethnolinguiste, sur les questions de biodiversité, de réintroduction du loup et de l’ours en montagne. Intéressant en cela qu’il complète l’analyse d’impact sur la biodiversité par un regard original sur les équilibres homme-faune, homme-paysage, homme-cheptel. L’ethnolinguiste fait le tour de la question, en faisant varier les angles de vue et c’est vivifiant : Lettre ouverte de Bruno Besche-Commenge à la secrétaire d’Etat à l’écologie. Etant moi-même un habitant de la plaine et des villes, je ne me permettrai pas ici de prendre parti pour ou contre la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées. Par contre, je crois très insuffisant l’argumentaire qui ne se fonde que sur la loi et sur des sondages d’opinions pour conclure à la pertinence de la démarche. C’est en ce sens que je me réjouis de l’originalité de l’approche, de la variété des points de vue qu’apporte Bruno Besche dans cette lettre ouverte. Enfin, comme tout les sujet qui passionne, la réintroduction de l’ours est aussi un sujet qui divise et il me semble que même si le droit central s’impose jusqu’aux hauteurs des Pyrénées, forts des leçons de l’histoire par exemple en Gascogne maritime – mais avons-nous tiré ces leçons ? – la prise en compte des différents points de vue et le respect des parties prenantes n’est pas un luxe.

  • Gascon noir

Un bien beau site que celui de l’observatori de las culturas gasconas et son travail sur notre cher gascon noir. On suivra également le travail de dialectologie du prof. Jean-Léo LEONARD (DRIPALANG, Montpellier).

  • Hommage à Monsieur Jean (Yan) Lafitte

Reposez en paix et grand merci pour votre œuvre. Hommage à lire ici sur Gasconha.com.

 

  • Odé d’Aydie

Quelle rencontre, et quel clinamen improbable ! Lecteurs assidus de l’ethnolinguistique de la haute vallée du Ger, nous savons que le 17 février 1474, le Comte de Comminges Odet d’Aydie concédait au village de Boutx ses forêts de montagne que nous lui connaissons aujourd’hui. J’ai eu la chance de faire la connaissance, par heureux hasard hier soir à Paris, de la famille Laplace d’Aydie et de leurs vins, parmi lesquels un cru Ode d’Aydie !

Nous autres gascons et fils de gascons apprécions le bon vin, les clin d’œil complices d’un bout à l’autre de la Gascogne, et cornegidouille : voilà une famille qui en prodigue en abondance. A découvrir absolument, à généraliser sur toutes les tables qui se respectent, avec un verre d’Abatilles de temps en temps, entre deux bouteilles.

 

  • L’abbé Paul MOTHE, prêtre-poète Commingeois de Ger de Boutx (1765-1855)

Eth vielh curèr de Hilhina, qui repose sous le porche d’entrée de l’église du Ger, a publié de son vivant deux petits fascicules de poésie, aux éditions religieuses Abadie (St Gaudens), que la BnF a bien voulu numériser :

Prêtre réfractaire, eth vielh curèr de Hilhina de retour de son exil espagnol, choisit de terminer ses jours à Ger de Boutx. Son aura d’intellectuel, son sens des affaires et le mystère du prêtre lui valent une renommée posthume qui confine à la légende. Non sans un paradoxe : réputé avare au dernier degré, il a pourtant fait preuve de prodigalité envers certains habitants, jusqu’à donner une maison c’est à dire comme partout en haute Gascogne, , un nom, une identité.

Crédit Photo présumé : Jean SEGUY, vers 1972.

 

 

  • Le cours de Morphologie de l’ancien français, de Jacques Allières

SD. Morphologie de l’ancien français – cours de J. Allières – Partie 1 – Morphologie nominale et pronominale

SD. Morphologie de l’ancien français – cours de J. Allières – Partie 2 – Morphologie verbale

  • Les écrits de l’abbé Paul Mothe, de Ger de Boutx, conservés à la bibliothèque nationale de France

Mothe, Paul (Abbé),1846, Recueil Epitres

Mothe-Paul-Abbe-1854.-Epitre-dediee-a-M.-Lapene

  • Carte de La Romania

Hallig, R. Wartburg, W. von. Die Ausgliederung…

vers 1955 ?

Carte de la Romania

 

 

 

  • Jules Ronjat restitué, par Pierre Escudé

L’article « Jules Ronjat, Maître de la linguistique occitane ! – Marginalité et centralité de Jules Ronjat (1864-1925) » de Pierre Escudé peut être téléchargé ici dans son intégralité. En voici les premières lignes :

« Jules Ronjat, « maître de la linguistique occitane » (Chambon & Frýba-Reber 1996), reste étrangement marginal dans l’histoire de la linguistique, alors qu’il est l’auteur de la Grammaire istorique des parlers provençaux modernes (GIPPM, édition posthume, 1930-1941), plus importante somme jamais réalisée sur la langue occitane. La valeur de l’ouvrage a certes été repérée aussitôt par deux linguistes importants, Pierre Fouché dans la Revue des Langues Romanes et Antoine Meillet dans le Bulletin de la Société Linguistique de Paris tandis que l’un de ses directeurs de thèse, Mario Roques, fit un très neutre et rapide compte-rendu dans Romania. Cependant, l’ouvrage en lui-même comme son auteur ont vite été ensevelis dans la mémoire des disciplines pour lesquelles Jules Ronjat a œuvré toute sa vie : la linguistique et le Félibrige [1]. Les choix personnels et politiques de Jules Ronjat, « l’eretge absolut ! » selon l’historien Philippe Martel [2], expliquent en grande partie ce phénomène de marginalisation, et nous ne pourrons donc faire l’économie d’une courte biographie de l’homme pour en expliquer les causes.

Il n’en demeure pas moins que ses travaux, à commencer par les deux thèses de 1913 – Essai de syntaxe des parlers provençaux modernes (ESP) et Le Développement du langage observé chez un enfant bilingue (DLO) – jusqu’à la GIPPM font de lui un linguiste essentiel du domaine occitan comme plus largement de la linguistique européenne, ancré, là aussi marginalement mais intensément, dans une « école de Montpellier » du fait de sa très importante collaboration à la Revue des Langues Romanes (RLR) de 1904 à sa mort (6 articles et près de 250 comptes rendus) et son attachement aux travaux de Tourtoulon comme à ceux de Maurice Grammont auquel il fut lié.

[1] Ronjat n’apparait même pas dans l’index nominum de La Langue d’oc pour étendard. Les Félibres (1854-2002) de S. Calamel et D. Javel, Toulouse, Privat, 2002.

[2] (l’hérétique absolu !), cité par J. Thomas, Lingüistica e renaissentisme occitan, Institut d’Estudis Occitans, 2006, p. 150. Ronjat, dans un compte-rendu d’un ouvrage scientifique en langue allemande sur le francoprovençal, rappelle que Mistral le nommait « Juif errant du Félibrige », « en souvenir de [ses] randonnées pédestres et vélocipédiques de touriste et de dialectologue », cf. Revue des Langues Romanes, 1915, n°58, p. 335. Cette mention est riche d’enseignement : le Juif errant est à l’écart de la communauté endogène provençale, ou « nationale » dans le sens maurassien, comme le « randonneur » et « touriste » l’est de la communauté scientifique établie. »

  • Krüger, Fritz – El mobiliario popular en los paises romanicos

L’œuvre ethnographique et dialectologie de Fritz Krüger est immense. On connait son grand-œuvre « Die Hochpyrenäen », publié en allemand et traduit en espagnol. Mais ses dernières parutions portent sur le mobilier populaire du domaine roman.

Comme son travail relatif aux Pyrénées, quoique dans une moindre mesure, celui relatif au mobilier populaire est publié de manière dispersée. Nous tentons ici d’en reconstituer l’inventaire :

  • Viva Tolosana !

Tolosana offre à tous, en ligne et avec une fiche bibliographique scientifique, précise et jolie, plus de 70 ouvrages, occitans préalablement identifiés par nos soins comme introuvables sur internet voire introuvable ailleurs qu’entre les rayons de soleil de la bibliothèque universitaire de Toulouse. Merci Madame NAEGELEN, Madame BOUVET, Madame MOURANCHE. Ce corpus OCRisé désormais accessible à tous gratuitement en ligne, est bien entendu venu grossir l’énorme liste que nous publions ici : https://ethnolinguiste.org/ligam/ où Tolosana est depuis nos origines et pour longtemps, très significativement représentée.

  • Le Périgord occitan

Tout sur le Périgord occitan sur ce site très riche, aux bons soins de Claude Ribeyrol et Frédéric Biret : https://guyenne.fr/

  • La queue du chat

En 1972, à la demande de Jean Séguy « pour lui permettre de s’aiguiser les dents » – Jean-Claude Dinguirard s’engageait dans la constitution d’un corpus sur « la queue du chat ».

Ses notes ressaisies, sauf quelques rares illisibles, sont désormais accessibles :Dinguirard, Jean-Claude. Ebauche de corpus littéraire sur la queue du chat. Notes manuscrites. 1972.

La réutilisation non-commerciale exclusivement est la bienvenue, à condition de citer l’auteur et je serais heureux d’en être informé ( Contact )

mots clé : la queue du chat dans la littérature surtout gasconne

  • L’Epopée perdue de l’occitan, recension par Alice M. Colby-Hall

Colby-Hall, Alice M. Review of L’Épopée perdue de l’occitan (1983), by Jean-Claude Dinguirard. Tenso, vol. 37, 2022, p. 135-142. Project MUSEdoi:10.1353/ten.2022.0007.

  • Marcabru

Pirot, François. Bibliographie commentée du Troubadour Marcabru, in Le Moyen-Âge, tome 73 vol. 1, pp. 87-126.

  • Pour le plaisir de connaître 

Elcock, 1935. Vocabulaire de la ferme dans une region des Pyrénées

  • Ancien gascon

Nous proposons ici une synthèse très incomplète de quelques-unes des conclusions de l’article de 1979 sur le gascon des plus anciennes chartes* qui propose une analyse linguistique et une traduction de ces textes en ancien gascon, avec quelques emprunts à l’étude du même auteur sur l’histoire de l’article eth / era** :

  1. Les chartes gasconnes du XIIème siècle sont écrites en gascon, et non en languedocien « juridique »
  2. Le gascon antérieur au XIIème siècle utilise des mots qui ne relèvent pas tous du substrat latin (adorgar ; comanies) et se distingue déjà des autres dialectes occitans, par ses spécificités : l’énonciatif que, une forme contractée qui annonce l’article pyrénéen et / era successeur du latin ILLE / ILLA
    • Adorgar : continuateur du latin ADROGARE  : prêter serment, s’engager à
    • CONDAMINAS > comanies
  3. Les plus anciennes chartes permette de dater sept des onze tendances évolutives les plus caractéristiques du gascon, comme antérieures au XIIème siècle :
    • QU ; GU > [kw ; gw]
    • V- > [b-]
    • R- > [a{r surligné}-]
    • -N- > Ø
    • -LL- > [-r-]
    • -MB- ; -ND- > [-m-;-n-]
    • tendance à la métathèse
  4. Ces mêmes chartes ne révèlent aucun exemple certain du passage de -LL à -t avant l’extrême fin du XIIème siècle, et plus
    vraisemblablement même avant le courant du XIIIème siècle
  5. Aucune attestation sûre de et, era avant le XVIIème siècle.
  6. La réalisation [h] du F latin, remonte au VIème siècle (voir le témoignage de Virgile de Toulouse sur le parler bigourdan) mais s’écrivait néanmoins au XIIème siècle encore

* article publié par Jean-Claude Dinguirard en 1979 dans Via Domitia, Via Domitia

** article publié par Jean-Claude Dinguirard en 1979 dans Lengas, Montpellier

  • Etymologie du nom Comminges

Antoine Thomas dès 1886, aborde dans les Annales de la Faculté des Lettres de Bordeaux, la difficile explication de l’évolution Convenae > Comminges, quand l’histoire de la phonétique laisserait plutôt attendre Conv > Co(u)mb autrement dit -nv- > -mb-. Thomas s’appuie sur Luchaire, in Les origines linguistiques de l’Aquitaine pour expliquer cette évolution « anormale » par la théorie des substrats ibériques.

Jean Séguy en 1935, dans son mémoire sur la phonétique historique des dialectes du Bas-Comminges, conjecturait sans connaitre alors les travaux de Thomas, que convenicum avait du passer par une étape combenicum.

Henri Gavel en 1940, dans A propos du nom de Comminges démonte totalement le travail de Thomas.

Gavel montre que la théorie de Luchaire est insuffisamment fondée, s’appuyant notamment sur l’évolution Miarritze > Biarritz qui l’infirme directement. Gavel s’appuie sur Strabon (l. IV, ch. II) qui désigne par « Kemmenon » la limite orientale de l’Aquitaine, et sur les manuscrits de Ptolémée – qui donne Koumouenoi – dont il suppose qu’il a voulu reproduire la prononciation locale du toponyme, dont Convenae n’aurait donc été que la forme officielle latine.

Jean Séguy, dans une recension manuscrite de l’article de Gavel, précise :

« On aurait à faire encore ici à l’une de ces étymologies populaires que je signalais à la fin de mon article sur Viella », article paru dans la Revue de Comminges, LV-3, pp. 184-189, II p. 9 (Gallica).

Pour Gavel, la forme pré-romane ressemblait au mot latin convenae, sans en avoir réellement le sens : c’est par un rapprochement paralogique, qu’elle a été adaptée au terme latin. A partir d’une forme comuenae, on a un groupe -mw- unique en son genre : il n’y a aucune raison pour que ce groupe n’ait pas abouti à -mm-. Gavel rappelle que vers la fin du 1er siècle, le u consonne en latin devient bilabial puis b, ce qui explique la forme Combenae confirmée par quelques manuscrits de la Notitia civitatum (« Civitas Convenarum, Comenge ») et par l’anonyme de Ravenne qui donne Combinias (page 300).

Cette forme ancienne -mb- aurait ensuite abouti dès le VIIIème siècle, à -mm- attestée par la souscription de l’évêque au concile de Narbonne.

En 1977, Jean-Claude Dinguirard dans une premier état tapuscrit dont je croyais jusqu’au 22 août 2023 à minuit qu’il restait à publier alors qu’il fait partie des « Notes Aquitaines« , reprend l’étude étymologique du nom « Comminges ». Il voit dans la floraison de termes antiques en -nv-, -mw-, -mm, -b-, le signe que les scripteurs antiques ont tenté de rendre un son qui leur était inconnu – à la fois nasal et labial – avec les contraintes et limites d’un alphabet inadéquat. Certainement pas le son -mb- postulé par Gavel et qui n’aurait posé aucune difficulté…

En 1983, Jean-Claude Dinguirard récidive : il établit plusieurs autres formes intermédiaires avant d’aboutir à Comminges, dans un article publié par la SFO : Commarchis, forme franci­sée de l’adaptation languedocienne d’un nom de lieu gascon (Comminges), rendu mal identifiable grâce au traitement languedocien de son suffixe, ainsi que Cornebut.

S’agissant de la forme Commarchis pour Comminges, celle-ci est confirmée par Alice M. Colby-Hal : « The form Cormarchis, however, is at tested repeatedly in the Franco-Italian manuscript of Aliscans, edited by Günter Holtus in 1985 (vv. 4163, 4175, 4919, 5217, 7066) , and, as I showed in my review of Holtus’s edition (345), that manuscript contains Occitanisms. Dinguirard’s explanation of Cornebut may indeed be on the right track. » (Source : L’Épopée perdue de l’occitan (1983) by Jean-Claude Dinguirard (review) A1 – Colby-Hall, Alice M. JF – Tenso VL – 37 IS – 1 SP – 135 EP – 142 PY – 2022 PB – Société Guilhem IX SN – 1944-0146 – https://muse.jhu.edu/article/852025 N1 – Volume 37, 2022)

  • Vocabulaire patois de la vallée de Barèges, par Jean-Pierre Rondou, numérisé et mis en ligne par les archives départementales des Hautes Pyrénées.

Rondou, Jean-Pierre. Vocabulaire de la vallée de Barèges, extrait du Tome 3, Langue, mœurs [1914], 441 pages. 1 J 513 / 3, 1914, Monographie communale, Archives départementales des Hautes-Pyrénées 

Lien vers le Tome 3 complet : Rondou, Jean-Pierre. Monographie de la vallée de Barèges. Tome 3, Langue, mœurs [1914], 441 pages. 1 J 513 / 3, 1914, Monographie communale, Archives départementales des Hautes-Pyrénées 

  • Emil Levy et Camille Chabaneau

Emil Levy publie Une pastourelle provençale, dans la Revue des langues romanes 21, 57-61 e, 1882. Camille Chabaneau lui écrit une lettre de précisions en décembre 1889.

Recension de Félix Lecoy

« La Bibliothèque nationale de France conserve, pour le domaine de la littérature occitane du Moyen Âge, la plus vaste collection de manuscrits au niveau mondial. Pourtant, en dépit de son extraordinaire richesse, cette collection n’a qu’assez rarement été prise en compte en tant que telle et, quoique très étudiée par les chercheurs, demeure à certains égards méconnue. Une cause probable en est le fait que les manuscrits occitans, cotés en Français ou en Latin, ne constituent pas un fonds cohérent à l’origine unique, mais ont été acquis en divers lieux et en divers temps, sans faire l’objet d’une cotation propre. Ce mémoire se donne pour ambition de fournir un outil de connaissance de cette collection, qui soit profitable aux démarches de valorisation et de conservation le concernant. »

  • Les monographies communales

« Les monographies communales rédigées par les instituteurs en 1887 à la demande du recteur de l’académie de Toulouse. Ce dernier avait en effet été sollicité par la mairie de Toulouse qui avait décidé d’organiser, du 15 mai au 15 octobre 1887, une exposition internationale et de consacrer une salle à l’enseignement. Fort des expériences de rédactions de monographies déjà réalisées les années précédentes en Haute-Garonne, le recteur demanda aux instituteurs de rédiger des monographies sur les communes où ils enseignaient. L’instruction émanant de l’inspecteur d’académie des Hautes-Pyrénées fut diffusée par un supplément au Bulletin officiel de l’instruction primaire de janvier 1887 : les instituteurs devaient rédiger une monographie de la commune selon un canevas imposé. Seules les 10 meilleures étaient destinées à être exposées. C’est cette commande qui explique l’homogénéité de l’ensemble même si chaque instituteur a pu donner libre cours à ses centres d’intérêt. Près de 400 monographies ont été conservées, pour les 480 communes que comptait le département. Dans cette catégorie de documents, une place particulière doit être faite à la monographie de la vallée de Barèges, rédigée par Jean-Pierre Rondou, instituteur à Gèdre : elle constitue une somme de près de 1 700 pages reliées en 4 volumes où l’auteur a rassemblé pendant plusieurs décennies tout ce qu’il a pu recueillir sur la géographie physique, politique, économique, la faune, la flore, la géologie, la langue, les mœurs, l’histoire, etc. de cette vallée. » (source : Archives départementales des Hautes -Pyrénées).

Les 1 700 pages manuscrites, illustrées et enluminées (1900-1934) de la monographie de la vallée de Barèges, rédigée par Jean-Pierre Rondou, instituteur à Gèdre, sont en ligne grâce aux archives départementales des Hautes Pyrénées. Magnifique, ode au labeur patient, rigoureux et méticuleux.

Les Pyrénées ont leur Félix Arnaudin, la nostalgie en moins : il faut dire que ni l’Empire ni la République n’ont encore eu l’idée de raser nos montagnes.

Vallée de Barèges. Monographie de la vallée de Barèges par Jean-Pierre Rondou, instituteur à Gèdre, 4 volumes manuscrits in-folio, 47 x 33 cm. S. d. [1900-1934]

Bien entendu, je me devais de citer celle de Boutx, hameau de Ger

  • L’école des mots et des choses en Gascogne, des Landes aux Pyrénées

Ce site accorde une place considérable à l’œuvre immense de l’école allemande des mots et des choses, dont nous produisons quantité d’œuvres numérisées pour beaucoup par nos soins. Un très bel article de Serge Clos-Versaille aborde les apports de cette école à la connaissance du patrimoine immatériel gascon (Rohlfs), depuis les Landes (Lotte Lucas-Beyer, élève de Fritz Krüger) jusqu’aux Pyrénées (Lotte Paret). Une référence Pyrénéenne proche de notre cher pays de Comminges : la somme de travail de Walter Schröder, dont Fritz Krüger donne une synthèse bientôt publiée en français par nos soins et ceux de nos alliés et amis.

Et pour le plaisir, avec mes hommages à Christian Bromberger qui m’a fait découvrir ce livre, voici la Géographie des traditions populaires en France ainsi que son album de 22 images.

 

  • Une vie d’Arnaudin, par Guy Latry, collection stèles, éditions confluences

Expert de Félix Arnaudin, auteur d’une thèse sur sa correspondance, Guy Latry nous livre enfin sa biographie du prophète des Landes de Gascogne. Cet ouvrage particulièrement dense, concilie l’indispensable exactitude des faits avec la sensibilité, la poésie et la nostalgie requises par l’infusion alchimique au creuset du lecteur. Touchant, vivant, poétique, ce texte livre de nouvelles clés pour comprendre par le cœur et par le chérissement. Avant ce livre, je ne m’expliquais pas pourquoi Arnaudin répondait en français à Miquèu de Camelat qui lui écrivait pourtant en gascon. C’est que je n’avais pas pris la mesure, d’à quel point le gascon noir constitue un trésor du cœur réservé aux intimes : journal et carnets de notes y-compris.

 

Les techniques de pointe utilisées au Centre de recherches et de restauration des musées de France (C2MRF), au cœur d’un des sujets développés aujourd’hui, a permis depuis le début de l’année d’analyser un document d’exception : le Beatus de Saint-Sever. Ce manuscrit du XIe siècle, réalisé sur du parchemin à l’Abbaye de Saint-Sever en Gascogne, est un « véritable trésor pour les historiens de l’art est l’une des œuvres d’art les plus spectaculaires que nous a légué le Moyen-Âge », précise Charlotte Denoël, cheffe du service des manuscrits médiévaux à la Bibliothèque nationale de France.

  • Théodore BLANC

Guy LATRY nous fait découvrir – et rédiger son entrée sur Wikipédia – cet ouvrier-typographe au journal La Gironde, poète et chroniquer gascon, né au Bouscat le 19 septembre 1840 et mort à Toulouse le 9 octobre 1880. Les écrits que nous laisse Théodore Blanc révèlent un homme déchiré entre son idéal républicain et son amour pour sa langue et ses origines paysannes. Achetez et lisez le livre de Guy Latry et découvrez Théodore Blanc dans le texte, in extenso !

Un échantillon issu de la BnF : le numéro unique de son journal, Lou Raouzelet, n° 1, 17 juillet 1870

  • Ce savoir que je ne saurais voir

Depuis plus d’un siècle, la construction de l’identité nationale rejette tout multilinguisme. Les dégâts sont considérables sur la psychologie des méprisés, sur la conservation du patrimoine littéraire et culturel.

Des initiatives magnifiques de restitution de biens spoliés ont été engagées en faveur des victimes du nazisme, tout le monde s’en réjouit. Mais c’est à l’oubli et au déni que sont vouées les connaissances ethnographiques et linguistiques pourtant relatives à nos territoires, minutieusement documentées par des linguistes allemands de l’entre-deux guerre, alors très en avance sur la France en matière de dialectologie et passionnés du domaine occitan (et d’étymologie sans doute à redresser, à dégermaniser). Comme nous l’avons écrit sur l’encyclopédie libre, le MUCEM à Marseille, par héritage du musée national des arts et traditions populaires, conserve trois traductions manuscrites non-publiées de l’anthropologue Louis Dumont : « Ruches et ruchers dans les pays romans », de Brinkmann ; « Les Hautes-Pyrénées », de Krüger ; « Transports et instruments de transport dans les Pyrénées centrales françaises », de Schmolke.

Parmi les exceptions à cette loi du silence, le travail d’Andrée TABOURET-KELLER, qui a courageusement traduit en grande scientifique qu’elle est, des textes de Geissler. Sur notre domaine d’oc, le travail de Lotte PARET à Arrens édité par Xavier RAVIER et remarquablement traduit par Eliane MAU. Nous sommes heureux, à ethnolinguiste.org, d’annoncer la publication prochaine de l’article de Fritz Krüger relatif à l’habitat à Luchon. Nous espérons que le mouvement sera suivi, à commencer par la traduction en français de son grand-œuvre relatif aux Hautes-Pyrénées.

Krüger part en retraite après avoir publié le premier volet – à peu près introuvable –  d’une œuvre ethnographique et linguistique éparpillée mais considérable, dédiée au mobilier rural du domaine Roman :

 

  • Portraits d’hommes illustres issus des terres d’Oc

Ces gravures, extraites de la revue Ech Luroun, Cierp, Haute-Garonne, représentent :

  • Jean BEPMALE, député, maire de St Gaudens, sénateur, pyrénéiste
  • Sadi CARNOT, Président de la République, né à Limoges
  • Valentin ABEILLE, député puis sénateur
  • Ernest CONSTANS, sénateur
  • Jean-Paul LAURENS, sculpteur et peintre
  • POQUE, officier d’académie, Conseiller Général du canton de St Béat
  • Charles FLOQUET, Président de la chambre des députés
  • Jean JAURES, député

 

  • Nos langues régionales : effacées ?

A partir de la minute 21:35, sur l’Occitan : France Culture, concordance des temps. Au moyen-âge, à l’époque de Dante, l’occitan est la langue la plus importante pour la littérature en France. L’Occitan est « le masque de fer », le jumeau que le jacobinisme au pouvoir ne saurait voir…

  • L’Epopée perdue de l’Occitan

Pierre Escudé que nous ne remercierons jamais assez, nous offre un grand article sur L’Epopée perdue de l’Occitan, texte savoureux, irrévérencieux et audacieux reparu chez l’excellent Lambert-Lucas et que tout occitanophone un tant soit peu aventurier, amateur de mystère et chercheur de trésors perdus devrait avoir pour livre de chevet. Article à lire ici pour s’en raviver le goût : assag, Lou Gai Saber, n° 562-563, pp. 107-130. 2021

  • Ech Luroun Républicain, anti-boulangisto, Rédijat en Patouès (Cierp, Haute-Garonne)

Rédacteur en chef : Jouan d’ech Cailliouot. Paréch; un cop pér Mès. Ferdinand Artigue, Administrateur-gérant.

Cette revue mensuelle puis bi-mensuelle à partir du Ier mai 1894, publiée à Cierp (Haute-Garonne) compte 41 numéros, parus entre 1889 et 1894. « Elle concerne le canton de St-Béat (31), et à un degré moindre, les cantons de Luchon, Barbazan et Aspet », précise Jean-Claude Dinguirard (Bibliographie critique des proverbes des Pyrénées gasconnes, in Recherches pyrénéennes, n° 0, 1979). Le journal Lé Gril en parle en ces termes : « Dins lé toun poupulari dé la Sartan dé Marseilho é dé nostré Gril, la mountagno tabès a soun carrilhoun : Ech Luroun, un balen jóurnalet-rébuo, qué fa souna l’aïré del Coumenjéèàes naoutis tupels pyrénéens, cado més, à Cierp, prep Luchoun. » (Lé Gril. – 1891 – N° 31). Cette revue constitue une nouvelle preuve de ce qu’on faisait aussi de la politique en occitan côté républicain ! Et c’est en Comminges que cela se passe !
  • Armanac de la Gascougno – Armagnac, Biarn, Bigorro, Lanos. (sources : Cirdoc, BnF, coll. Dinguirard, coll. Latry, PEB)

L’abbé Sarran alias Lou Cascarot (biographie ici, et photo ci-contre du photographe Frézignac, paru dans la Revue française politique et littéraire, le 14 septembre 1913) est le rédacteur de cette revue, qui constitue une hilarante bouffée d’air natal. Il est aussi l’auteur de L’Ome blanc et de Grand Mai.

1898 / 1899 / 1900 / 1901 / 19021903 / 1904 / 1905 / 1906 / 19071908 / 19091910 / 1911 / 19121913 / 1914 / 1915-1916 / 1917 / 1918 / 19191920-1921 / 1922 / 1923 / 1925 / 1926-1927 / 1928 / 1929 / 1930 / 1931 / 1932 / 1933 / 1934 / 1935 / 1936 / 1937 / 1939 / 1947 / 1948 / 1949 / 1950 / 1951 / 1952 / 1953 / 1954 / 1955 / 1956 / 19571958 / 1959

 

  • Troussebot = trousse-crapaud

Troussebot veut dire Trousse-crapaud et non Repousse-Botte (Boucherie, apud Chabaneau Varia, p. 977), in J.-C. Dinguirard, notes MS, 1982.

  • Urwin Kenneth. La mort de Vivien et la genèse des chansons de geste. In: Romania, tome 78 n°311, 1957. pp. 392-404. (à lire ici sur Persée)

L’Auteur relève qu’à la mort de Vivien, Guillaume portait l’hostie et ce depuis une quinzaine de jours. Or, cette pratique est blâmée par l’Eglise dès la fin du IVè siècle (conciles de Saragosse et de Tolède) et bien que cette coutume se généralise au VIIème siècle, elle a disparu au XIIème siècle. De plus, dès le XIème siècle, l’Eglise avait établi que l’hostie ne pouvait être portée plus de huit jours. Dès le IXème siècle l’Eglise condamne la tolérance que montrent certains prêtres, en laissant les laïques aller chercher à l’église le sacrement pour un mourant. Au XIème siècle, le sacramentaire de Narbonne autorise le diacre à porter le viatique au malade, mais spécifie que c’est le prêtre qui l’administre. Donc, contrairement àla traduction de Joseph Bédier, les moines sont innocents de cet épisode, qu’ils n’auraient jamais pu conseiller à un jongleur du XIème siècle.

On peut même ajouter que l’idée n’a pu venir qu’à l’habitant d’un pays laïque comme l’Occitanie d’avant les Albigeois. J.-C. Dinguirard, notes MS, 1982.

  • Quand ? De Paris à Roques

« Pour prouver l’existence de l’épopée provençale encore à la fin du XIIIème siècle, G. Paris s’était appuyé sur La vie de Saint Honorat où Raymond Féraud parle de la sancta conquesta que forn en Ronsasvals et L. Gautier avait beau jeu in L’épopée française, t. IV, 1882, p. 15 après l’éminent P. Meyer (Recherches sur l’épopée française, pp. 60-63), de prétendre que l’allusion visait un texte français et non occitan, très vraisemblablement la Chronique de Turpin… Ce n’est qu’un demi-siècle plus tard que Ronsasvals et Roland à Saragosse seront publiés par Mario Roques ! » J.-C. Dinguirard, notes MS, 1982.

  • Où ? Orange – Larcamp via Aliscans, 4781-85

« Ayant, comme toujours, dormi tard et ayant oublié son tinel dans sa précipitation, Rainouard quitte l’armée chrétienne, regagne « Orenge », rattrape l’ost qui s’en était éloignée de plus d’une lieue (var. : plus d’une grande lieue ; une lieue et demis ; deux lieues ; demi(?) lieue). Cette armée du haut d’une éminence, découvre les « Aliscans » et le pays couvert de Sarrazins à cinq lieues à la ronde. On en infère que la distance entre Orange et Larcamp est d’un maximum de sept lieues. » J.-C. Dinguirard, notes MS, 1982.

 

Appel à témoin. Ce texte a disparu des bibliothèques, aidez-nous à le retrouver et le numériser :« L’Ormari de Bussac. Pouème en 3 paouzos. » 

L’Ormari de Bussac. Pouème en 3 paouzos a disparu de la BNU de Strasbourg. Toute personne susceptible de transmettre une copie ou un scan SVP de bien vouloir m’écrire en cliquant ici.  

Quauques aspèctes lingüistics de l’unitat de la lenga occitana.
« De quoi parle-t-on quand on parle d’unité de l’occitan ? En reprenant le fil des présentations linguistiques classiques de la langue d’oc, parfois confuses, et avec l’aide des données de la géolinguistique, nous essayons de clarifier et de vulgariser ce qui définit celle-ci. Autrement dit ce qui définit le soutènement de non-variation sur lequel s’articule la variation dialectale. Une approche factuelle de la langue occitane à la fois dans sa globalité, et dans son particularisme au sein du contexte roman. Ce travail de fond, rédigé en occitan, a été fait en dehors du cadre universitaire mais en demeurant en contact avec des universitaires et des linguistes, et en tâchant de suivre des méthodes et des références sérieuses. » Quentin PEYRAS.

Prochainement (deux ans plus tard : peut être en 2024 ?)

  • Traduction en cours vers le français, du texte allemand de Fritz Krüger, « Haus und Hausrat des alten Luchonnais nach dem wissenschaftlichen Nachlaß von W. Schroeder », Weltoffene Romanistik: Festschrift Alwin Kuhn zum 60. Geburtstag,‎ 1963, pp. 255-277. Que cela plaise ou non, au début du XXème siècle l’Allemagne était en avance sur la France, y-compris sur la connaissance de nos idiomes d’Oc. L’école des mots et des choses compte de nombreux textes qui n’ont jamais été traduits de leur langue d’origine, alors qu’ils recèlent de nombreuses observations ethnographiques et linguistiques.

 

Palimpsestes : Un nouveau fragment de L’Epopée de Guillaume d’Orange é été découvert. Il est daté du 12ème siècle ! Fournira t’il de nouveaux indices relatifs à un proto-texte en languedocien Audois comme le suggère l’enquête de J.-C. Dinguirard récemment rééditée par Pierre Escudé ? Suspense à l’entrée dans l’avent.

 

 

Whisky occitan : La distillerie Castan, première distillerie occitane, augmente sa capacité de production. Berbie, Gost, Roja ou pour les amateurs de tourbe, Terrocita. Une distillerie à suivre, selon Whisky mag.

Troubadours

L’orthographe provençale

Chansons du 10ème Dragons, 1913

Proverbes en gascon montagnard par l’abbé Eugène Bernat

« Il y a vers les montagnes, un gascon que je trouve singulièrement beau, sec, bref, signifiant et à la vérité un langage mâle et militaire plus que tout autre que je comprenne, aussi nerveux, puissant et pertinent que le français est grâcieux, délicat et abondant. » Montaigne, Essais II – 17, d’après Eugène Bernat (voir ici l’affiche publicitaire de l’époque).

Bibliographies (ou éléments de biblio)

François PICPierre BECThéobald LALANNEJean SEGUYJacques ALLIERESJacques BOISGONTIERJean-Claude DINGUIRARDXavier RAVIER – André SOUTOURené NELLIPhilippe GARDYKurt BALDINGER (jusqu’en 1974)Henri POLGELefèvre, Edmond. 1907. Bibliographie sommaire des oeuvres de Camille Chabaneau, Rom. Forsch. XXIII p1093-1107

Betchat en Couserans – toponymie

Le livre de J.-P. Ferre sur les noms de lieux à Betchat est en vente ici !

 

 

 

Glossaires

Bibliographie du domaine Occitan

François Pic pose en 1977 [1], l’épineux problème que pose la constitution d’une bibliographie du domaine Occitan : « Toute personne abordant, par quelle recherche que ce soit, le domaine linguistique et littéraire occitan, a constaté et éprouvé les carences et l’éparpillement des outils de bibliographie occitane. » et cite le bibliographe occitan Joseph Loubet qui en 1932 s’interrogeait sur les moyens de résoudre ces obstacles dans son article initiation à la bibliographie des parlers d’Oc, in La revue des pays d’Oc, Nov. 1932, pp. 650-663 en ces termes : « Que représenterait l’établissement d’une bibliographie générale des œuvres publiées en langue d’oc (…) A-t-on des ébauches suffisantes pour guider les recherches de quiconque n’est pas bibliothécaire et voudrait l’entreprendre en dehors des traditions universitaires ? Peut on conseiller un itinéraire en ce domaine ?  » [1] : Pic, François. Bibliographie des sources bibliographiques du domaine occitan.

Peyrottes, Jean-Antoine numérisation BnF

Proverbes gascon / français illustrés

Panquèra bèra bèra
Panquèra bèra bèra

Certains animaux n’ont que très peu de proverbes, voire un seul dans toute la Gascogne ! Ces « marginaux de la parémiologie » se font connaître à travers ce livret, scientifiquement sourcé et joliment illustré. Il peut être acheté (exclusivement) auprès de l’éditeur associatif Matreselva, 32 rue du Hameau, 75015 Paris. Chèque de 14 euros (ou 12 euros + 2 timbres). Ou ici en ligne par CB

Panquèra, bèra, bèra, Qu’as pan enà taulèra, Hormatge enà ‘scudera, E leit enà caudèra.

Belettebellebelle — tu as du pain sur la table — du fromage dans l’écuelle — et du lait dans le chaudron…

Septembre 2021

Presque tout Larade en un seul fichier (d’après photocopie) !

Mes remerciements en passant, à J.-F. Courouau, sa traduction en français de Larade m’a permis d’être touché par une poésie que je n’aurais pas comprise.

Couserans, Cagire

On notera à la fin de ce fascicule, une chanson avec partition, en l’honneur d’André Bouéry, poète et musicien gascon d’Aspet et auteur des Cansous det campanè d’Aspetch.

Ordonnances du livre blanc des sages-femmes de Toulouse, traduit en français contemporain

Coutume et droit – colloque toulousain en 1982

Conjuration

Colonel Léon Lamouche

Août 2021

Glossaire gascon du Haut-Lavedan

 

Toponymie

 

Gargantua an Limousin avant Rabelais, par A. Thomas

 

Manuscrits

 

Drame en langue bigourdane

 

Bernard Sarrieu, Mario Roque, Luchaire

ENS photo de la promotion 1894 (Archive.org)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Proverbes gascons

 

Anciens proverbes occitans

 

Troubadours

 

Ethnolinguistique

(re-)Découverte de deux comptes rendus concernant la thèse « Ethnolinguistique de la haute vallée du Ger » : celui de Jean Séguy, en 1973 et celui de T. Jenkins paru dans Lo Gay Saber en 1979 

 

Juillet 2021

Groupe Boisson Divine
Groupe Boisson Divine

 

 

 

 

Juin 2021

 

 

  • Félix ARNAUDIN publie peu de son vivant : contes, chants, articles. Pour plus de précision voir l‘excellente contribution de Guy Latry accessible en ligne sur Garae ethnopôle. Guy LATRY dans sa préface aux Contes des Landes, ed. Ouest-France, 2011, reproduit une notice bio-bibliographique de Félix Arnaudin. Dans Félix Arnaudin – Correspondance, il nous révèle le caractère autobiographique de cette notice ! Le Dictionnaire biographique des Hommes du Midi de Carnoy qui a commandé cette notice (p. 142), a été numérisé pour ethnolinguiste.org par les excellents soins de la BnF à partir d’un microfilm. Il peut être téléchargé ici : Dictionnaire biographique des Hommes du Midi, de Carnoy
    • Nota : ce dictionnaire comprend une entrée pour Alcée Durrieux, à qui J.-C. Dinguirard consacre un article ici

Mai 2021

Avril 2021

  • Léon Lamouche, polytechnicien, diplomate et philologue aux centres d’intérêts éclectiques, aura vu trois guerres et cumulé un nombre hors du commun de reconnaissances de toutes natures et de divers pays. Il nous livre de 1899 à 1902 une grammaire languedocienne dont l’introduction répond aux parlers de France de 1888, en un trait qui touche où il fallait.

 

 

Quartier-Livre, Muriel Morlent, Relieur Artisanal
Quartier-Livre, Muriel Morlent, Relieur Artisanal

Quartier-Livre. Quel beau nom pour cet atelier artisanal où Muriel Morlent exerce son Art, à Paris, 75014.

Il faut réserver au moins 6 mois à l’avance et savoir patienter le temps du travail bien fait. Et voici Via Domitia reliée, magnifiquement, y-compris ici au premier plan, les deux volumes de l’Hommage à Jean Séguy, hors-série.

Le travail, ça se voit : certains ouvrages se passent de commentaires.  Merci Mme Morlent.

 

 

 

 

  • Mars 2021

 

  • Le Collège de ‘Pataphysique

Depuis son premier contact avec le collège en 1956, le Sérénissime Paul Gayot, aujourd’hui Provéditeur Rogateur Général, est à l’origine de nombreuses publications, plus encore si l’on inclue celles sous pseudonymes. Grâce aux excellents soins du Sérénissime Christophe HENRION, A.O.A., et bien entendu avec leur accord à tous deux, la difficile reconstitution chronologique et bibliographique vous sont offertes ici.

Les collaborations du Sérénissime Paul Gayot avec le Régent Jean-Claude Dinguirard sont notamment liées à Lebrun, Lupin, Ubu et Jarry. Mais plus nombreuses sont les marques d’amitié, en clins d’œil et dédicaces dans la revue scientifique Via Domitia jusqu’en 1983, et sans relâche aujourd’hui encore, bien des années après que le Régent soit monté en chaire outre-vie.

Pour bon nombre, ces publications peuvent être acquises directement moyennant une modique contribution aux Phynances de Faustroll ici.

  • Le gascon Landais

Arnaudin, Bourciez, Millardet, Lalanne et plus récemment : Lartigue (1992) : autant d’enquêteurs linguistiques précurseurs du variationnisme progressif à s’être intéressés au gascon Landais. Aujourd’hui, les noms de deux scientifiques sont à suivre de près : Guylaine Brun-Trigaud, experte du « croissant » (zone d’interférences linguistiques oïl / oc, zone « diaphragme » de l’hexagone), à la tête du Thesoc où nous espérons voir un jour ressaisis les travaux de Lalanne. Et Jean-Léo Léonard, multiplement cité et remercié sur ce site et dans nos entrées Wikipedia, qui nous offre généreusement le fruit d’un travail colossal sur le sujet, exposé le 23 mars 2021 au colloque international VariaR de Montpellier et dont voici le lien à suivre impérativement :

 

  • La noisette

Gardette, Mgr. Les dénominations gallo-romaines de la noisette. Weltoffene Romanistik, Kuhn, 1963

 

 

 

  • Guiter, Henri (Enric) publie en 1952 dans les pages de la revue fondée par Joan Corominas et dirigée par Fritz Krüger, Anales del Instituto de Lingüisica, Tomo V, une étude dans la lignée de l’école des mots et des choses sur le vocabulaire de la vigne en Roussillon. Une région où Krüger – et Salow – ont fait leurs armes quelques années plus tôt. De cette étude est extrait un lexique en ligne.

Guiter, Enric. Vocabulari de la cultura de la vinya al Rosselló. Anales del Instituto de Lingüística. p. 83-131. Mendoza : Facultad de Filosofía y Letras de la Universidad Nacional de Cuyo, 1952

 

 

 

Extraits des travaux de l’école de Hambourg :

CR  de  Fouché, in Revue des langues Romanes, 1937

CR de Ramon Violant i Simorra, dans Ampurias IV, 1942

Et pour élargir à l’école de Krüger, voire au-delà :

 

 

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Walter Crane – Neptune’s Horses 1910
  • La querelle du Ciron et du Beuve

Entre 1848 et 1883, Gustave Nadaud se moque des gasconnades avec sa Garonne, il met le feu à la fierté fluviale de tout un pays et déclenche une véritable révolte poétique que nous révèlent les Cahiers du Bazadais, n°2, 1962.

Le 1er mai 1883, Ali Dutrénit dégaine le premier, et prend Nadaud à ses propres railleries dans un poème intitulé Le Beuve.

En 1889, Louis Larrue lui répond avec Le Ciron – « A Monsieur A.D… » où la suprématie du Ciron sur le Beuve, est affirmée en 78 vers.

En 1890 dans la revue catholique de Bordeaux puis en 1891 dans les actes de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Bordeaux, l’abbé Ferrand oppose à Nadaud La vraie Garonne par un gascon : réponse à M. Gustave Nadaud, chansonnier et Flamand.

Puis en 1897, Ferrand publie Le Ciron, éloge au fleuve éponyme où il éreinte quelque peu le Beuve, l’air de rien, au détours de quelques vers. Répondait-il à Dutrénit ?

Un an plus tard, l’abbé J.-L. Travoyat dédie à Ferrand Le Beuve, qu’il publie à Bazas à l’imprimerie Eugène Samie. Ce poème constitue une réplique élégante et savante. Sur cette « querelle du Ciron et du Beuve », la revue Les Cahiers du Bazadais nous renvoie à l’article de Th. Froment dans La revue Philomatique de Bordeaux, 1899, pp. 119 sqq.

 

Février 2021

 

 

  • Fritz Krüger, un ethnolinguiste du domaine roman méconnu en France. Jean Séguy a rédigé un CR pour chacun de ces deux tomes particulièrement copieux, permettant au chercheur de cibler les articles d’intérêt pour le domaine Gascon. Ces deux CR sont en ligne sur Persée : CR du Tomo I et CR du Tomo II

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Basque et gascon

« Les rares cas de communauté [de noms de plantes et d’animaux en Gascogne] avec le basque se révèlent comme des emprunts du basque au pyrénéen pré-latin ou comme des emprunts tardifs du gascon au basque, mais non comme une attestation que le basque serait le dernier rejeton direct des langues pré-latines de l’Aquitaine. » Jean Séguy, Les noms pré-latins des animaux et des plantes en Gascogne. VIIè Congrès  International de Linguistique Romane, pp. 531-538. Volume II. Barcelone, 1953.

« Quelle que soit sa spécificité linguistique, le gascon est volens nolens, ne serait-ce que par sa situation  socio-culturelle dans l’hexagone français, entrainé impérativement dans le sillage et le dynamisme de la reconquête occitane dans son ensemble. Un repliement frileux ou agressif sur lui-même, ou encore le rêve d’une Vasconia mythique, euskaro-gasconne, malgré l’antique parenté, ne doit pas nous le faire oublier ». Pierre Bec, Le gascon, dialecte occitan ? in Langues, dialectes, écriture : les langues romanes de France : actes du colloque de Nanterre des 16, 17 et 18 avril 1992 organisé par l’IEO, pp. 150-155.

Index et table des matières du second volume des actes du VIIe Congrès International de Linguistique de Barcelone, 1953.

 

  • Ethnolinguistique

« Mener son enquête avec détermination et persévérance, ne négliger aucun effort, aucune source ni aucun détail, se défier des théories et des catégories établies a priori, s’en tenir aux faits étayés par des preuves, observer la scène sous tous les angles possibles pour en tirer du neuf, en faire émerger une étincelle de vérité. » J’espère que ces quelques mots réunissent l’ethnolinguiste, l’inspecteur de police, le chercheur de trésor, le pataphysicien. Mais s’agissant d’ethnolinguistique, il s’agit de donner à chérir, à savourer, un état d’être humain comme on savoure un bon vin, et de le traduire en mots pour que le lecteur partage la jubilation de l’enquêteur devant ses découvertes présentées avec ordre et méthode.

  • Faune populaire de Gascogne

La Gascogne connait des particularités zoologiques que la science n’explique pas : le serpent galactophage, le mode de reproduction du terrible basilic, le cycle de vie de la vipère et de la libellule… Une émission radiophonique en dresse un panorama succinct, avec attention spéciale portée sur le serpent, ainsi que sur la belette qui lui est apparentée. Les petits de la vipère passent pour tuer leur mère à la naissance, condamnés qu’ils sont à lui dévorer le ventre pour parvenir au jour. Henri Polge (Le franchissement des fleuves, Via Domitia XIX, 1978, p. 87 note 52) signale un basilic habitant le puits sous la sacristie de la paroissiale de Castelnau-Barbarens jusqu’au XVIIe siècle, d’après Chroniques ecclésiastiques du diocèse d’Auch, 1746, p. 391.

Pierre BEC nous remémore quelques formulettes : « Panquèra, bèra, bèra, Qu’as pan enà taulèra, Hormatge enà ‘scudera, E leit enà caudèra. » (Belette, belle, belle — tu as du pain sur la table — du fromage dans l’écuelle — et du lait dans le chaudron). Luserna, luserna – Qu’es dins ta cramba  –  Amaga-le, luserna – Dormis-là maitinada. (Luciole, luciole – au secret de ta chambre – couvre-feu, luciole ! – Le matin s’en vient, dors !)

BEC, Pierre. Formations secondaires et motivations dans quelques noms d’animaux en Gascon. RLiR 1960, Band 24, Heft 95-96, pp. 296-351. [ici : Article extrait au format PDF]

Voir aussi :

 

Verlinde, Claude. Le têtard, la lecture. 1997
Verlinde, Claude. Le têtard, la lecture. 1997

Jean Séguy (linguiste) dans cet article sur les noms de têtard, révèle un style d’auteur qu’on aime à lire : « Les premiers instincts du pêcheur s’exercent à capturer cette proie agile et glissante – et l’on sait le goût qu’ont les ruraux, jeunes ou vieux, pour la pêche à la main – ; la cruauté naturelle au premier âge, excitée et justifiée par l’aspect grotesque et insolite de la bête, trouve matière à s’exercer sur cette petite vie incapable de mordre ou de piquer ; avec cette horrible chose frétillante et gluante, on peut jouer aux filles et aux tout petits quelques farces de haut goût. Il arrive même que la pêche soit logiquement suivie d’une abominable dînette, cuisinée entre deux pierres au revers d’un fossé…« . On se referrera aussi à l’interview radiophonique de J.-C. Dinguirard sur le folklore du serpent, pour mieux connaître les extraordinaires spécificités zoologiques de la Gascogne : filiation de la vipère et de la libellule, serpent galactophage, gestation pour autrui de la poule en faveur du serpent pour enfanter le terrible basilic au corps de loutre, et tant de récits sur les arts de la magie et de l’illusion que maitrise le serpent, maître parmi les lupins, et les moyens de s’en prémunir voire de s’en approprier quelques avantages. Dinguirard nous y apprend que la belette parfois, alterne sans encombre avec le serpent. La belette, en Gascogne, est parfois vénéneuse et que Panquèra est parfois remplacé par Vipèra dans la formulette « Panquèra, bèra, bèra, Qu’as pan enà taulèra, Hormatge enà ‘scudera, E leit enà caudèra. (Belette, belle, belle — tu as du pain sur la table — du fromage dans l’écuelle — et du lait dans le chaudron). » Il faut bien sûr être gascon – ou ethnolinguiste – pour connaitre ces spécificités locales que ne reconnait pas la science vulgaire à vocation généraliste, universelle et atemporelle.

 

  • Des mots et des choses

Par ailleurs, je poursuis l’hommage à Fritz Krüger et à ses disciples dont Lotte Lucas-Beyer. Krüger fût formé par Suchier et de Schädel, disciple de Voretzsch. Ce dernier, phonéticien, l’initie à l’étude de la dialectologie romane, avec une attention particulière pour la péninsule ibérique. Les 2 thèses soutenues par Krüger (1911 pour la seconde) relèvent de la pure veine néogrammairienne, tout en étant marquées du sceau revendiqué des linguistes de terrain, sac au dos et marcheur invétéré, voué à l’espace roman et plus spécialement en France et en Espagne. En 1921 il rencontre Max Léopold Wagner qui insiste sur l’étude de régions éloignées et inexplorées, d’un archaïsme fort, et sur l’étude des mots en relation étroite avec l’environnement culturel dans lequel ils se produisent avec une grande attention portée aux détails. Se produit alors le « clinamen » de Fritz Krüger, qui fonde avec Küchler la revue Volkstum und Kultur der Romanen (1928-1944) (voir la table des matières des 16 années de vie de cette revue) et institutionnalise l’école des mots et des choses (initiée par Schuchardt, Meringer, puis Meyer-Lübcke) au sein de l’université de Hambourg. Un article complet s’enrichit progressivement au fur et à mesure des prises en librairies, je fournis par ailleurs sur simple demande un scan de tout article de cette revue que j’ai pu reconstituer dans son intégralité.

Pour nous autres, languedociens ou gascons, une attention particulière sera portée à l’œuvre monumentale de Krüger relative aux Pyrénées, et pour partie traduite en espagnol dans une édition signée Garsineu (Espagne), ainsi qu’aux trois volets de sa disciple Lotte LUCAS BEYER dédiés aux Landes de Gascogne juste après Arnaudin.

Enfin, l’apport de l’école de Krüger à la connaissance de nos racines, n’est pas limitée à son travail d’ethnographe et de linguiste, d’ethnolinguiste peut-on dire. Ils avaient les yeux grand ouverts sur des sources précieuses et trop peu citées par nos dialectologues romanistes : Millardet, Ronjat, Jean Haust, Menendez-Pidal.

Nos amis et voisins espagnols de Huesca et d’Aragon ont institutionalisé le travail de mémoire : « Les Hautes-Pyrénées » de Krüger ont été traduites en espagnol. La montagne de difficultés surmontées pour ce faire inclut la transcription phonétique d’un texte original publié par 3 éditeurs adoptant chacun sa propre convention.


Comment s'y retrouver sur ce site ?

Le fil conducteur de ce site est le suivant :

1- Remettre au jour les travaux de l’école de dialectologie romane de Toulouse fondée par Jean Séguy, avec l’exhaustivité des travaux ethnolinguistiques de Jean-Claude Dinguirard et la mise en ligne de la revue Via Domitia, fondée par Séguy
2- Haute vallée du Ger : numériser les enregistrements sonores en gascon et francitan qui me restent de mon père, les relier aux articles et études qui les concernent. Solliciter de nouveaux travaux d’enquête ethnolinguistique auprès des locuteurs du même village (en cours, par Eth Ostau Commengès d’une part, Alice Traisnel d’autre part)
3- Créer ou compléter sur Wikipedia les entrées liées au domaine : ethnolinguistique, wörter und sachen, Jean Séguy (linguiste), Jean-Claude Dinguirard, Xavier  Ravier, Théobald Lalanne, Jacques Boisgontier, Pierre Bec.
4- Elargir aux Landes de Gascogne : remise au jour des œuvres de l’abbé Arnaud FERRAND, création de son entrée sur Wikipedia, mise en ligne de la revue catholique de Bordeaux
5- Constituer une bibliographie d’ouvrages numérisés liés à l’Occitanie : au 13/11/2020, ce site publie les liens vers plus de mille titres

Chaque article du site porte un titre, une description qui souvent se limite à la référence du texte, puis un ou plusieurs téléchargements proposés : article d’origine, enregistrement sonore… Enfin, des références secondaires sont indiquées :

Les articles de ce site sont classés comme décrit sur cette illustration :


L'école de dialectologie romane de Toulouse

Hommage à l’école de dialectologie romane de Toulouse

Jean SEGUY est de fait, le fondateur d’une école de dialectologie basée à l’université de Toulouse le Mirail, innovante et visionnaire, dont les « membres » survivant ont eu des parcours variés, particulièrement brillants (Allières), profondément ethnolinguistiques (Fossat, Dinguirard), d’un apport scientifique et méthodologique confirmé (Lalanne).

Ceux qui aujourd’hui encore ont eu à subir le déni de leur identité, de leur culture, de leur travail ou de leur langue par un Enarque ou un Polytechnicien confortablement assis et préoccuper de penser le monde en un petit nombre de catégories simples à manipuler, savent de quelle colère sourde ont pu bouillir Séguy et plus généralement les linguistes d’Oc à la suite de discours de Paris dans « les parlers de France« . Selon Paris, les patois ne sont que des variantes de notre langue commune – le latin. Parler patois est le fait d’illettrés, au vocabulaire moins riche et aux tournures archaïques. Les parlers populaires se perdraient les uns dans les autres en nuances insensibles, et citant la « loi » de Meyer : il n’y aurait en fait de dialectes que des nuances linguistiques.

C’est dans ce même discours négationniste que Gaston Paris propose pourtant de confier à Gilliéron d’établir l’ALF (Atlas Linguistique de la France). Il justifie ce projet par le caractère « touchant », « précieux » et « intéressant » des dénominations topographiques primitives de France ; « si nous ne pouvons empêcher la flore naturelle de nos champs de périr devant la culture qui la remplace, nous devons avant qu’elle disparaisse tout à fait, en recueillir avec soin les échantillons, les décrire, les disséquer et les classer pieusement dans un grand herbier national. »

L’ALG constitue une objection sérieuse et étayée aux propos de Gaston Paris. Séguy en effet, 50 ans plus tard, détourne la forme imposée à l’exercice de nouvel « herbier national » voulu par Albert Dauzat : il cartographie le rayonnement linguistique de la Gascogne et fonde, à partir des travaux pionniers de Lalanne, la science de l’étude des différences dialectales que Paris vouait au formol et aux musées.

Pour autant, l’œuvre fut loin d’être achevée : faute d’outils devant l’immense quantité d’information, faute de temps, faute de sérénité ou par excès de combativité, Lalanne comme Séguy n’ont pas su descendre à l’échelle des dialectes gascons.

La relève est assurée aujourd’hui, à Montpellier ou Nice par exemple, par Jean-Léo Léonard et Guylaine Brun-Trigaud (THESOC).

Je n’ai pas d’information à ce jour sur le travail mené à l’université de Toulouse 2 en matière de linguistique occitane.

Invention de la dialectométrie. L’abbé Théobald Lalanne, nommé par Albert Dauzat comme enquêteur du NALF sur la Gascogne Maritime, enquêteur principal auprès de Jean Séguy sur les 3 premiers tomes de l’ALG a défini, à partir de ses relevés d’enquêtes, les concepts fondamentaux de la dialectométrie. Jean SEGUY a transformé cette invention conceptuelle en science dialectologique varationniste opérationnelle (ALG VI). Thomas FIELD et Jean-Léo LEONARD resituent cette innovation dans le contexte de la linguistique générale de l’époque. Aujourd’hui encore, les publications scientifiques (voir les publications de Hans Goebl depuis 1983, Guylaine Brun-Trigaud, 2018;  Jean-Louis Fossat, 2016; Jean-Léo Léonard, 2017) restituent la paternité de la dialectométrie à l’abbé Lalanne et le rôle fondateur de Jean Séguy dans son utilisation en pratique.

Création de l’ethnolinguistique gasconne. Jean Séguy , « créateur de la linguistique occitane et inventeur de la dialectométrie, (…) ses thèses sont des classiques de l’ethno-botanique et du contact des langues. (…) l’Atlas gascon constitue bien souvent la seule source folklorique sûre pour un territoire en bien des cas mal connu : Jean Séguy restera ainsi également comme l’une des figures de tout premier plan de l’ethnolinguistique. » L’Atlas Linguistique de la Gascogne, d’abord ethnographique puis dialectométrique, rompt avec le dogme de Gaston Paris à l’origine de l’ALF en révélant et mesurant la diversité et la richesse des langues régionales. (Dinguirard, 1973, Thomas FIELD, non-daté).

Cette école perd sa cohésion au décès du maitre Séguy mais les trajectoires linguistiques et dialectologiques de ses émules et épigones en constitue un hommage jusqu’à ce jour.

Jules Ronjat (1864-1925) quelques années auparavant disait déjà dans son grand œuvre édité de 1930 à 1941 (4 tomes de plusieurs milliers de pages) : « On préfèrera avec Maiſtre Ermengaud (Brev. 12781-2), un aveu d’ignorance à un échafaudage de pures suppositions : Quar mielhs es simplamen dubtar / Que folament determenar ». 

Comme en écho, la méthode de SEGUY repose sur trois mots d’ordre : relever les faits de langue sur le terrain (ethnolinguistique), pratiquer l’ars difficilimma nesciendi (s’incliner, s’humilier devant l’objet ; déceler des rapports de causes à effet ; et quand les tables refusent de répondre au consultant, celui-ci se tait lui-même sans chercher à produire de son propre cru ce que les faits n’ont pas voulu leur livrer) et découvrir l’inconnu (« L’équipage de romanistes toulousains s’est donné pour cap fixe de toujours aller à la découverte : connaître et faire connaître l’inconnu, quoi qu’il en doive coûter. Refaire le déjà fait, “renouveler la question, étudier le problème sous un autre angle”, est exclu du programme. Ou du neuf, ou bien se taire. ». (Jean Séguy, c. r. de « J.-L. Fossat, La Formation du vocabulaire gascon de la boucherie et de la charcuterie. Étude de lexicologie historique et descriptive, Toulouse, 1971 », Annales du Midi, tome 84, n° 106, 1972, p. 95.)

Ce site est particulièrement dédié à ceux qui sont partis trop tôt et dont le travail risque d’être méconnu voire oublié.

1. Bio-bibliographie de quelques acteurs liés à cette école (ou pas)

2. Aperçu historique

Nota : Le texte qui suit est repris de Wikipédia, il a été écrit sous la direction – presque sous la dictée ! – de Jean-Léo Léonard que je remercie vivement.

L’université de Toulouse le Mirail, aujourd’hui Toulouse Jean-Jaurès, héberge quelque temps une école de dialectologie active et innovatrice sous l’impulsion de Jean Séguy et dans la lignée de ses prédécesseurs illustres tel que Georges Millardet.

Théobald Lalanne42 dans le cadre du Nouvel Atlas Linguistique de la France, étudie la Gascogne maritime. Il démontre par la mesure lexicale et phonologique que les dialectes gascons dont parle la littérature – parler noir, parler clair, parler béarnais – sont des concepts sans réalité. Il cartographie un « magma dialectal nulle-part semblable à lui-même ». Il s’étonne de l’homogénéité dans la distribution des limites d’aires, qu’il compare à la distribution des feuilles tombées d’un tilleul en automne, constatant « autant de parlers que de villages ». Pour Théobald Lalanne, la répartition géographique du fait dialectal relève de la théorie des grands nombres : ses mesures révèlent l’absence d’identité linguistique et d’isoglosse à l’intérieur du périmètre étudié.

Soucieux d’ouvrir la voie à des développements ultérieurs, Théobald Lalanne définit d’abord l’aréologie linguistique sur la base de trois entités – noyaux, bordures, aires – dont il décrit, pour chacun, différents types. Il définit ensuite une méthode quantitative qu’il nomme « spectre linguistique », pour établir les frontières réelles d’un dialecte à partir de mesures précises réalisées sur un grand nombre de points d’enquêtes peu éloignés, le long d’un axe traversant le territoire étudié. Il s’agit d’abord d’inventorier les critères lexicaux et phonétiques à la fois communs – rayonnement linguistique – et de démarcation – déformation des limites d’aires par résistance ou rejet – d’en représenter les aires puis de compter sur chaque intervalle entre deux points, le nombre de limites d’aires et le nombre de différences dialectales inventoriées et décrites une à une. Il définit enfin différents indicateurs : le « coefficient de densité verbale ou indice d’émiettement du vocabulaire » – nombre moyen de désignations par objet – le coefficient de polyphonie, le coefficient de fécondité verbale, le coefficient de latinité ou d’ancienneté, d’un territoire d’enquête.

Jean Séguy hérite donc à la fois du constat d’impasse de l’aréologie que fait Lalanne à constater des sous-dialectes gascons43, et d’éléments structurants de fondations scientifiques pour sortir de cette impasse. Jean Séguy44,45 travaille sur ce sujet pendant environ trente ans et sans ordinateur, notamment dans le cadre du nouvel Atlas Linguistique de la France, avec pour enquêteur principal Théobald Lalanne – volumes 1 à 3 – puis Xavier Ravier – volumes 4 à 6 – procède à un changement d’approche et à un changement d’échelle46. Il complète le questionnaire initial de Dauzat47,48 délaisse la quête d’identité linguistique stricte pour s’en tenir à des degrés de ressemblance43 et passe de l’échelle du sous-dialecte gascon à celle de la gasconité49. Jean Séguy invente ainsi la dialectométrie50, objet conclusif du sixième et dernier Atlas linguistique de Gascogne, plus particulièrement de ses cartes 2513 à 253151.

Plus globalement, Séguy invente l’ethnolinguistique Gasconne, traite des fonctions linguistiques et extra-linguistiques du dialecte – cartes et indications géographiques, historiques et culturelles – ainsi que de la fonction dialectale de démarcation entre communautés humaines34. La dialectométrie52,53 connait d’importants développements ultérieurs grâce à l’analyse numérique et à la modélisation assistées par ordinateur54 et aux travaux de Hans Goebl55,56 notamment.

Xavier Ravier résume, en 1974, la définition57 de cette discipline comme la « mesure mathématique de l’incidence réelle de la variation des parlers dans l’espace ».

C’est finalement Jean-Claude Dinguirard qui explorera de manière qualitative, par la méthode ethnolinguistique, la dimension microdialectale de l’émergence de sous-dialectes et de chaînes de parlers en contact, dans sa thèse sur la Haute vallée du Ger. Il croise les narrations et les aspects les plus divers de la culture locale, en opposant les facteurs externes (géographie et histoire) aux dynamiques de convergence et de divergence ethnoculturelles et linguistiques. De ce dernier point de vue, il étudie l’affinage des pratiques langagières (notamment narratives) et les effets de rayonnement de diverses strates de gascon, elles-mêmes soumises peu ou prou à l’influence ou l’interférence du français comme langue-toit. A travers cette dialectique minimaliste sur le plan territorial et maximaliste du point de vue de l’incidence des contacts horizontaux (les parlers entre eux) et verticaux (les normes régionales et la norme nationale), il fait apparaître les facteurs motivant la trame des chaînes géolinguistiques dans leur ancrage ethnolinguistique. Il met en valeur l’incidence ethnolinguistique minimale du dialecte, tout comme son mentor, Jean Séguy, avait fait apparaître l’incidence minimale du fait dialectal à l’aide d’un test dialectométrique sur les données catalanes de Henri Guiter58.

Au niveau macroscopique, la synopse des coefficients d’asymétrie de Fisher59 permet de faire apparaître des aires dialectales cohérentes, au-delà de l’embrouillamini des faits de variation superposés, même si les aires dégagées sont plus diffuses et moins circonscrites que ne l’étaient les dialectes traditionnels définis par l’approche classique en dialectologie, fondée sur les faisceaux d’isoglosse60,61.

Auteurs :

 

3. ADN de l’école de dialectologie romane de Toulouse

Ars difficillima nesciendi ou savoir dire qu’on ne sait pas, l’exigence de réalité, de vérification, de preuve basée sur les faits, le primat des faits sur la spéculation. « Faire sienne l’épistémologie de Jean Séguy c’est notamment refuser de plaquer une grille interprétative a priori sur les données observées » (J.-C. Dinguirard, notes), ou encore « (…) ce second mouvement où l’hypothèse commode supplée de façon si tentante la quête laborieuse. » (Anatole et Dinguirard, 1980).

Jean Séguy (Via Domitia 3, 1956, p. 27) donne le cap : « Il y a deux méthodes pour s’expliquer les faits linguistiques ou autres. L’une consiste à s’enfoncer dans un grand fauteuil, à joindre les bouts des doigts, à clore les yeux, à s’abstraire du monde mineur des objets et à chercher dans le monde majeur et intérieur de l’esprit, par définition dépositaire de l’état inné de la connaissance universelle, la solution, la théorie (…). L’autre méthode est tout bonnement celle du maître sous la garantie de qui nous avons voulu placer cette étude [NDLR : il peut s’agir d’Adolphe Terracher]. Elle s’incline, s’humilie même devant l’objet (…) elle tâche de déceler des rapports de causes à effet. Quand les tables refusent de répondre au consultant, celui-ci se tait lui-même sans chercher à produire de son propre cru ce que les faits n’ont pas voulu leur livrer (…) ars difficillima nesciendi » et de qualifier de sublime la conclusion de la thèse de W.D. Elcock(†), que nous reproduisons ici : « En ce qui concerne la question du substrat, nous devrions nous excuser de n’aboutir qu’à une conclusion « négative », par rapport aux récents travaux de nos devanciers. Cependant, peut-être sert-on mieux la science en exposant une erreur qu’en échafaudant une hypothèse séduisante, mais fragile. Il est parfois salutaire de pratiquer l’ars difficillima nesciendi. »

Clinamen, leitmotiv, ce signe de ralliement qui caractérise remarquablement le travail humble, rigoureux et patient de l’abbé Théobald Lalanne, fonde l’école Séguy de dialectologie toulousaine, repris par tous ses disciples parmi lesquels Jean-Louis Fossat (1, 2, 3) et Jean-Claude Dinguirard (4).

Loin du refus de se poser quelque question que ce soit, l’ars difficillima nesciendi exige de combler le vide de l’ignorance par la connaissance et non par la croyance.

4. Via Domitia, revue de linguistique des pays situés entre Ebre et Garonne : 30 numéros publiés par l’école de dialectologie romane de Toulouse

Via Domitia « a bien failli ne pas survivre à la brutale disparition de Jean Séguy qui l’avait fondée », en 1950. Le numéro 18 parait en 1974 suivi d’un long silence.

projet de couverture VD 1984 t1-page-001Jean-Claude Dinguirard relance la revue en 1976, avec le n° 19. Sa couverture est blanche, le tirage en offset cède la place à une impression normalisée toutefois soumise aux servitudes linguistiques de l’Atlas Linguistique de la France, contrainte technique qui induit quelques retard dans la publication de ses numéros 19 en 1976 et 20-21 en 1978. Le choix est fait en 1978, d’utiliser pour la revue le système de transcription phonétique mis au point par Pierre BEC dans son Manuel pratique de philologie romane (I, pp. 7-10),  à ceci près que les fricatives correspondant aux occlusives [b, d, g] ne peuvent être notées par des caractères barrés et « si l’on tient à la précision, on pourra noter ces spirantes par les caractères grecs correspondant ».

En 1978 donc, la revue est remise sur ses rails et publie outre les numéros 19 et « 20-21 », deux forts volumes spéciaux en hommage à son fondateur, Jean Séguy. Les années qui suivront

La revue numérisée sera bientôt disponible en ligne ici.

Via Domitia accepte tous les textes qui lui sont proposés : elle se veut un recueil d’essais sur la linguistique, la dialectologie, l’onomastique, l’ethnographie des langues du nord de l’Espagne et du sud de la France ; plus précisément, « des pays situés entre Ebre et Garonne ».

Via Domitia a su rester a l’abri de certains excès dans la recherche d’une parenté au Gascon, tant du côté Basque (Rohlfs, Corominas) que du côté hellénique (A. Durrieux ou plus scientifiquement W. von Wartburg).


Sites utiles

Comminges et Couserans, Gascogne, Occitanie

 

Ethnolinguistique, linguistique

 

Trouver – voire commander la numérisation d’un texte ancien

 


Remerciements

Ce site n’aurait jamais vu le jour et ne serait pas ce qu’il est, sans de nombreux concours amicaux, qu’ils en soient ici vivement remerciés – puissent ceux qui ne seraient pas listés ici me pardonner (ou m’écrire afin que je corrige) :

  • Pierre Escudé, linguiste, Professeur des Universités à l’Université de Bordeaux / Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education (ESPE) d’Aquitaine en Didactique des langues (bilinguisme, plurilinguisme, intercompréhension, traduction),
    • Pierre vint tout droit où il fallait ! Avec doigté, respect, patience pour mon ignorance et mes impatiences, vous avez su me faire ouvrir les malles scellées au ciment de la poussière et du temps : merci, il fallait que tout ceci soit remis dans un courant de vie !
  • Jean-Léo Léonard, dialectologue, Université de Montpellier 3 (Dipralang, EA 739) et admirateur de l’Ecole de linguistique et de dialectologie de Toulouse,
    • Jean-Léo, qui ne mesure pas son génial talent et dont j’ai forcément déçu les attentes – pardon – vous m’avez permis de comprendre et transmettre ce qu’est la recherche en ethnolinguistique dans son contexte : merci !
  • Bernat Arrous, Abel Escudé, voués aux idiomes d’Oc ! Vous avez commencé une œuvre de pérennisation d’un patrimoine immatériel : merci !
  • Monsieur Aitor Carrera Baiget, linguiste, pour ses nombreuses références aux travaux de mon père,
  • Françoise, qui a soigneusement conservé les ressources publiées sur ce site, avec l’accord de Nathalie,
  • François Pic, bibliographe de l’écrit occitan imprimé
  • L’Université de Toulouse et plus particulièrement Emmanuelle Garnier, Sophie Périard, et Bruno Péran pour l’accueil favorable fait à ce projet et l’autorisation de mise en ligne des articles parus aux éditions de l’université,
  • Jacques Aboucaya, auteur, journaliste, ami,
  • Paul Gayot, Sérénissime Provéditeur Rogateur Général du Collège de ‘Pataphysique, compagnon de mes premiers pas qui tournent en rond ou tout du moins autour du même centre, et de mon impatience à vouloir tout comprendre,
  • Madame Josiane Mothe, Monsieur Henri Mothe, Madame Valérie Mothe Iéni, Madame Céline Mothe, Mademoiselle Salomé Iéni, qui ont autorisé la mise en ligne des enregistrements sonores de notre regrettée Juliette Mothe et de son époux : Théo,
  • Madame Sabine NAEGELEN POMMARET, Directrice adjointe du Service Interétablissements de Coopération Documentaire (SICD), Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées
  • Madame Monique Foissac, Documentaliste-bibliothécaire, Bibliothèque d’Etudes Méridionales, Laboratoire FRAMESPA
  • Madame Marie-Thérèse Vergara, qui a autorisé la mise en ligne des enregistrements sonores de ses grands-parents Adèle et Théophile Noguès,
  • Schüp, régent de dialectique des sciences inutiles au Collège de ‘Pataphysique, Oleyres,
  • Nathalie Dinguirard, pour l’autorisation de publication des textes et notamment, de la thèse de J.-C. Dinguirard,
  • Georges et Yolande Ousset, libraires et amis, La Bible d’Or, rue du Taur, Toulouse
  • Sophie Periard, Directrice de l’Appui à la Recherche, Université Toulouse Jean Jaurès,
  • Philippe Gardy, Directeur de la revue Lengas de l’Université de Montpellier,
  • Michel Tamine, Président de la Société française d’onomastique,
  • Nicolas Adell, Directeur, Ethnologie française,
  • Vladimir Randa, représentant des éditions Peeters en France,
  • Clotilde Simon et le redoutablement efficace service de prêt inter-bibliothèques de la Ville d’Issy les Moulineaux,
  • Yoan Rumeau, président de la Société des études du Comminges, Robert Pujol, Vice-Président de la Société des études de Comminges, Germain Monfort, membre de la société des études de Comminges,
  • Geneviève Brunel-Lobrichon et Claudie Amado, pour l’écho donné en 2004 aux travaux de J.-C. Dinguirard relatifs à l’épopée perdue de l’Occitan,
  • Franck Alvarez-Pereyre, pour le colloque international d’ethnolinguistique d’Ivry en 1979, dont les actes malheureusement sont devenus presque introuvables (voir C.R. par G. Calame-Griaule),
  • Jean-Pierre Chambon, linguiste
  • Hans Goebl, romaniste, linguiste, expert en dialectométrie
  • Alain Assezat, et ses recherches sur l’histoire de Boutx et de la haute vallée du Ger,
  • Guillaume Rondelet, naturaliste Occitan à l’origine de l’intérêt scientifique et littéraire pour l’évêque marin,
  • Alfred Jarry,
  • Arsène Lupin, Gentleman Cambrioleur, ainsi que l’Association de ses amis,
  • Le magazine littéraire, pour son sens du renversement fructueux.

Je remercie enfin M. Christophe Verdot, qui a réalisé ce site internet – entre autres – et que je recommande vivement.

 

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