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  • 26 juin 2020 : Le dernier numéro du « Publicateur » du Collège de ‘Pataphysique révèle des notes inédites de Jean-Claude Dinguirard sur Onésime et Ubu (Cocu, sur la butte). Toute notre gratitude à M. le Provéditeur Rogateur Général Paul GAYOT !
        • Nota : une coquille de l’imprimeur attribue, au sommaire, les notes de Jean-Claude Dinguirard à son successeur, l’actuel Régent de Thermosophie Jacques Derouard.

 


L'école de dialectologie romane de Toulouse

L’Ecole de dialectologie romane de Toulouse

1. Bibliographies

2. Historique

Nota : Le paragraphe qui suit est repris de Wikipedia

L’université de Toulouse le Mirail, aujourd’hui Toulouse Jean-Jaurès, héberge quelque temps une école de dialectologie active et innovatrice sous l’impulsion de Jean Séguy et dans la lignée de ses prédécesseurs illustres tel que Georges Millardet.

Théobald Lalanne42 dans le cadre du Nouvel Atlas Linguistique de la France, étudie la Gascogne maritime. Il démontre par la mesure lexicale et phonologique que les dialectes gascons dont parle la littérature – parler noir, parler clair, parler béarnais – sont des concepts sans réalité. Il cartographie un « magma dialectal nulle-part semblable à lui-même ». Il s’étonne de l’homogénéité dans la distribution des limites d’aires, qu’il compare à la distribution des feuilles tombées d’un tilleul en automne, constatant « autant de parlers que de villages ». Pour Théobald Lalanne, la répartition géographique du fait dialectal relève de la théorie des grands nombres : ses mesures révèlent l’absence d’identité linguistique et d’isoglosse à l’intérieur du périmètre étudié.

Soucieux d’ouvrir la voie à des développements ultérieurs, Théobald Lalanne définit d’abord l’aréologie linguistique sur la base de trois entités – noyaux, bordures, aires – dont il décrit, pour chacun, différents types. Il définit ensuite une méthode quantitative qu’il nomme « spectre linguistique », pour établir les frontières réelles d’un dialecte à partir de mesures précises réalisées sur un grand nombre de points d’enquêtes peu éloignés, le long d’un axe traversant le territoire étudié. Il s’agit d’abord d’inventorier les critères lexicaux et phonétiques à la fois communs – rayonnement linguistique – et de démarcation – déformation des limites d’aires par résistance ou rejet – d’en représenter les aires puis de compter sur chaque intervalle entre deux points, le nombre de limites d’aires et le nombre de différences dialectales inventoriées et décrites une à une. Il définit enfin différents indicateurs : le « coefficient de densité verbale ou indice d’émiettement du vocabulaire » – nombre moyen de désignations par objet – le coefficient de polyphonie, le coefficient de fécondité verbale, le coefficient de latinité ou d’ancienneté, d’un territoire d’enquête.

Jean Séguy hérite donc à la fois du constat d’impasse de l’aréologie que fait Lalanne à constater des sous-dialectes gascons43, et d’éléments structurants de fondations scientifiques pour sortir de cette impasse. Jean Séguy44,45 travaille sur ce sujet pendant environ trente ans et sans ordinateur, notamment dans le cadre du nouvel Atlas Linguistique de la France, avec pour enquêteur principal Théobald Lalanne – volumes 1 à 3 – puis Xavier Ravier – volumes 4 à 6 – procède à un changement d’approche et à un changement d’échelle46. Il complète le questionnaire initial de Dauzat47,48 délaisse la quête d’identité linguistique stricte pour s’en tenir à des degrés de ressemblance43 et passe de l’échelle du sous-dialecte gascon à celle de la gasconité49. Jean Séguy invente ainsi la dialectométrie50, objet conclusif du sixième et dernier Atlas linguistique de Gascogne, plus particulièrement de ses cartes 2513 à 253151.

Plus globalement, Séguy invente l’ethnolinguistique Gasconne, traite des fonctions linguistiques et extra-linguistiques du dialecte – cartes et indications géographiques, historiques et culturelles – ainsi que de la fonction dialectale de démarcation entre communautés humaines34. La dialectométrie52,53 connait d’importants développements ultérieurs grâce à l’analyse numérique et à la modélisation assistées par ordinateur54 et aux travaux de Hans Goebl55,56 notamment.

Xavier Ravier résume, en 1974, la définition57 de cette discipline comme la « mesure mathématique de l’incidence réelle de la variation des parlers dans l’espace ».

C’est finalement Jean-Claude Dinguirard qui explorera de manière qualitative, par la méthode ethnolinguistique, la dimension microdialectale de l’émergence de sous-dialectes et de chaînes de parlers en contact, dans sa thèse sur la Haute vallée du Ger. Il croise les narrations et les aspects les plus divers de la culture locale, en opposant les facteurs externes (géographie et histoire) aux dynamiques de convergence et de divergence ethnoculturelles et linguistiques. De ce dernier point de vue, il étudie l’affinage des pratiques langagières (notamment narratives) et les effets de rayonnement de diverses strates de gascon, elles-mêmes soumises peu ou prou à l’influence ou l’interférence du français comme langue-toit. A travers cette dialectique minimaliste sur le plan territorial et maximaliste du point de vue de l’incidence des contacts horizontaux (les parlers entre eux) et verticaux (les normes régionales et la norme nationale), il fait apparaître les facteurs motivant la trame des chaînes géolinguistiques dans leur ancrage ethnolinguistique. Il met en valeur l’incidence ethnolinguistique minimale du dialecte, tout comme son mentor, Jean Séguy, avait fait apparaître l’incidence minimale du fait dialectal à l’aide d’un test dialectométrique sur les données catalanes de Henri Guiter58.

Au niveau macroscopique, la synopse des coefficients d’asymétrie de Fisher59 permet de faire apparaître des aires dialectales cohérentes, au-delà de l’embrouillamini des faits de variation superposés, même si les aires dégagées sont plus diffuses et moins circonscrites que ne l’étaient les dialectes traditionnels définis par l’approche classique en dialectologie, fondée sur les faisceaux d’isoglosse60,61.

Auteurs :

3. ADN de l’école de dialectologie romane de Toulouse

Ars difficillima nesciendi ou savoir dire qu’on ne sait pas, l’exigence de réalité, de vérification, de preuve basée sur les faits, le primat des faits sur la spéculation. « Faire sienne l’épistémologie de Jean Séguy c’est notamment refuser de plaquer une grille interprétative a priori sur les données observées » (J.-C. Dinguirard, notes).

Jean Séguy (Via Domitia 3, 1956, p. 27) donne le cap : « Il y a deux méthodes pour s’expliquer les faits linguistiques ou autres. L’une consiste à s’enfoncer dans un grand fauteuil, à joindre les bouts des doigts, à clore les yeux, à s’abstraire du monde mineur des objets et à chercher dans le monde majeur et intérieur de l’esprit, par définition dépositaire de l’état inné de la connaissance universelle, la solution, la théorie (…). L’autre méthode est tout bonnement celle du maître sous la garantie de qui nous avons voulu placer cette étude [NDLR : il peut s’agir d’Adolphe Terracher]. Elle s’incline, s’humilie même devant l’objet (…) elle tâche de déceler des rapports de causes à effet. Quand les tables refusent de répondre au consultant, celui-ci se tait lui-même sans chercher à produire de son propre cru ce que les faits n’ont pas voulu leur livrer (…) ars difficillima nesciendi » et de qualifier de sublime la conclusion de la thèse de W.D. Elcock(†), que nous reproduisons ici : « En ce qui concerne la question du substrat, nous devrions nous excuser de n’aboutir qu’à une conclusion « négative », par rapport aux récents travaux de nos devanciers. Cependant, peut-être sert-on mieux la science en exposant une erreur qu’en échafaudant une hypothèse séduisante, mais fragile. Il est parfois salutaire de pratiquer l’ars difficillima nesciendi. »

Clinamen, leitmotiv, ce signe de ralliement qui caractérise remarquablement le travail humble, rigoureux et patient de l’abbé Théobald Lalanne, fonde l’école Séguy de dialectologie toulousaine, repris par tous ses disciples parmi lesquels Jean-Louis Fossat (1, 2, 3) et Jean-Claude Dinguirard (4).

Loin du refus de se poser quelque question que ce soit, l’ars difficillima nesciendi exige de combler le vide de l’ignorance par la connaissance et non par la croyance.

4. Via Domitia, revue de linguistique des pays situés entre Ebre et Garonne : 30 numéros publiés par l’école de dialectologie romane de Toulouse

Revue de linguistique de l’université de Toulouse le Mirail, tout Via Domitia en trois tables des travaux publiés :

source : Table des travaux publiés 1951-1966, Via Domitia 12-13, T 3

source : 1978, J.-C. Dinguirard, Table des travaux publiés 1967-1976, Via Domitia 20-21, T 14

source : F. Dinguirard, mai 2020.

 

Via Domitia « a bien failli ne pas survivre à la brutale disparition de Jean Séguy qui l’avait fondée », en 1950. Le numéro 18 parait en 1974 suivi d’un long silence.

projet de couverture VD 1984 t1-page-001Jean-Claude Dinguirard relance la revue en 1976, avec le n° 19. Sa couverture est blanche, le tirage en offset cède la place à une impression normalisée toutefois soumise aux servitudes linguistiques de l’Atlas Linguistique de la France, contrainte technique qui induit quelques retard dans la publication de ses numéros 19 en 1976 et 20-21 en 1978. Le choix est fait en 1978, d’utiliser pour la revue le système de transcription phonétique mis au point par Pierre BEC dans son Manuel pratique de philologie romane (I, pp. 7-10),  à ceci près que les fricatives correspondant aux occlusives [b, d, g] ne peuvent être notées par des caractères barrés et « si l’on tient à la précision, on pourra noter ces spirantes par les caractères grecs correspondant ».

En 1978 donc, la revue est remise sur ses rails et publie outre les numéros 19 et « 20-21 », deux forts volumes spéciaux en hommage à son fondateur, Jean Séguy. Les années qui suivront

Via Domitia accepte tous les textes qui lui sont proposés : elle se veut un recueil d’essais sur la linguistique, la dialectologie, l’onomastique, l’ethnographie des langues du nord de l’Espagne et du sud de la France ; plus précisément, « des pays situés entre Ebre et Garonne ».

Cette ouverture place la revue Via Domitia a l’abri de certains excès tels que la recherche d’une parenté au Gascon, du côté Basque (que cette recherche soit ancienne, Cf. G. Rohlfs, ou moderne, cf. J. Corominas) ou héllénique (A. Durrieux ou plus scientifiquement W. v. Wartburg). A l’abri également des enfermements identitaires ou partisans.

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      • Épopée d’Oc : travaux liés à l’épopée de Guillaume d’Orange (article phare à paraître chez Lambert-Lucas)
      • Troubadours et poètes (gascons) : comme son nom l’indique avec notamment un gros travail sur Marcabru
      • Haute-Vallée du Ger : textes relatifs à cette zone particulière, objet des attentions de Pierre Bec et de Jean-Claude Dinguirard, où gascon commingeois et couserannais interfèrent joyeusement
      • Gascon : apports linguistiques de l’école de dialectologie toulousaine à la connaissance du gascon et de son évolution dans le temps
      • Recensions : comptes-rendus de lectures d’ouvrages, souvent enthousiastes et de nature à donner envie de lire et d’apprendre
      • Ressources : diverses choses utiles, ouvrages complets, cours d’ancien français…
      • Liens: Liens vers des ouvrages numérisés en occitan ou relatifs aux langues, à la littérature, à la culture d’Oc.

 


Sites utiles

Trouver – voire commander la numérisation d’un texte ancien

Comminges et Couserans, Gascogne, Occitanie

Ethnolinguistique, linguistique

 


Remerciements

Ce site n’aurait jamais vu le jour sans de nombreux concours amicaux, qu’ils en soient ici vivement remerciés – puissent ceux qui ne seraient pas listés ici me pardonner (ou m’écrire afin que je corrige) :

  • Pierre Escudé, linguiste, Professeur des Universités à l’Université de Bordeaux / Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education (ESPE) d’Aquitaine en Didactique des langues (bilinguisme, plurilinguisme, intercompréhension, traduction),
    • Pierre vint tout droit où il fallait ! Avec doigté, respect, patience pour mon ignorance et mes impatiences, vous avez su me faire ouvrir les malles scellées au ciment de la poussière et du temps : merci, il fallait que tout ceci soit remis dans un courant de vie !
  • Jean-Léo Léonard, dialectologue, Université de Montpellier 3 (Dipralang, EA 739) et admirateur de l’Ecole de linguistique et de dialectologie de Toulouse,
    • Jean-Léo, qui ne mesure pas son génial talent et dont j’ai forcément déçu les attentes – pardon – vous m’avez permis de comprendre et transmettre ce qu’est la recherche en ethnolinguistique dans son contexte : merci !
  • Bernat Arrous, Abel Escudé, voués aux langues d’Oc ! Vous avez commencé une oeuvre de pérennisation d’un patrimoine immatériel : merci !
  • Françoise, qui a soigneusement conservé les ressources publiées sur ce site, avec l’accord de Nathalie,
  • L’Université de Toulouse et plus particulièrement Emmanuelle Garnier, Sophie Périard, et Bruno Péran pour l’accueil favorable fait à ce projet et l’autorisation de mise en ligne des articles parus aux éditions de l’université,
  • Jacques Aboucaya, auteur, journaliste, ami,
  • Paul Gayot, Sérénissime Provéditeur Rogateur Général du Collège de ‘Pataphysique, compagnon de mes premiers pas qui tournent en rond ou tout du moins autour du même centre, et de mon impatience à vouloir tout comprendre,
  • Madame Josiane Mothe, Monsieur Henri Mothe, Madame Valérie Mothe Iéni, Madame Céline Mothe, Mademoiselle Salomé Iéni, qui ont autorisé la mise en ligne des enregistrements sonores de notre regrettée Juliette Mothe et de son époux : Théo,
  • Madame Marie-Thérèse Vergara, qui a autorisé la mise en ligne des enregistrements sonores de ses grands-parents Adèle et Théophile Noguès,
  • Schüp, régent de dialectique des sciences inutiles au Collège de ‘Pataphysique, Oleyres,
  • Nathalie Dinguirard, pour l’autorisation de publication des textes et notamment, de la thèse de J.-C. Dinguirard,
  • Georges et Yolande Ousset, libraires et amis, La Bible d’Or, rue du Taur, Toulouse
  • Sophie Periard, Directrice de l’Appui à la Recherche, Université Toulouse Jean Jaurès,
  • Philippe Gardy, Directeur de la revue Lengas de l’Université de Montpellier,
  • Michel Tamine, Président de la Société française d’onomastique,
  • Nicolas Adell, Directeur, Ethnologie française,
  • Vladimir Randa, représentant des éditions Peeters en France,
  • Clotilde Simon et le redoutablement efficace service de prêt inter-bibliothèques de la Ville d’Issy les Moulineaux,
  • Yoan Rumeau, président de la Société des études du Comminges, Robert Pujol, Vice-Président de la Société des études de Comminges, Germain Monfort, membre de la société des études de Comminges,
  • Geneviève Brunel-Lobrichon et Claudie Amado, pour l’écho donné en 2004 aux travaux de J.-C. Dinguirard relatifs à l’épopée perdue de l’Occitan,
  • Franck Alvarez-Pereyre, pour le colloque international d’ethnolinguistique d’Ivry en 1979, dont les actes malheureusement sont devenus presque introuvables (voir C.R. par G. Calame-Griaule),
  • Alain Assezat, et ses recherches sur l’histoire de Boutx et de la haute vallée du Ger,
  • Guillaume Rondelet, naturaliste Occitan à l’origine de l’intérêt scientifique et littéraire pour l’évêque marin,
  • Alfred Jarry,
  • Arsène Lupin, Gentleman Cambrioleur, ainsi que l’Association de ses amis,
  • Le magazine littéraire, pour son sens du renversement fructueux.

Je remercie enfin M. Christophe Verdot, qui a réalisé ce site internet – entre autres – et que je recommande vivement.

 

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