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1975 – Ethnolinguistique de la haute vallée du Ger, Thèse d’Etat
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Village Ger-de-Boutx. Crédit photo : Marie-Thérèse VERGARA

Ethnolinguistique de la haute vallée du Ger, Thèse d’Etat soutenue par Jean-Claude Dinguirard, sous la direction du professeur Jacques Allières, à l’université de Toulouse le Mirail.

Thèse ethnolinguistique centrée sur les villages de Ger de Boutx et et ses interactions avec Coulédoux et Boutx.

Le terme « ethnolinguistique » au sens retenu pour cette thèse y est définie comme une science des faits particuliers, et non pas des théories ou des généralités.

Un matériau extra-linguistique très vaste y est étudié pour expliquer des faits de langue très particuliers, unificatifs et démarcatifs, entre le gascon du Comminges parlé au Ger et le gascon du Couserans que l’on parle à Coulédoux et qui est plus proche de celui parlé à Aspet.

Des questions liées à l’enseignement du gascon comme langue maternelle y sont abordées, qui font l’objet de travaux ultérieurs.

Deux fichiers sont proposés en téléchargement : l’un en pdf simple, 52 Mo, et l’autre en pdf « cherchable » (OCRisé) 336 Mo.

Références secondaires


1983 – Les suffixes en onomastique : Commarchis = Comminges
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Lignage de Guillaume d'Orange
Lignage de Guillaume d’Orange

À propos de la forme Commarchis, nom du domaine de Bovon suite à son mariage avec la fille du roi Eudes de Gascogne, fils d’Aymeri de Narbonne, Jean-Claude Dinguirard propose de reconnaître dans « Commarchis », la « forme francisée de l’adaptation languedocienne d’un nom de lieu gascon (…) la lecture par un poète d’oïl de cette même forme languedocienne du nom Gascon».

« (…) personne ne pourrait nier l’intérêt stratégique du Commarchis-Comminges. J’entends du point de vue narbonocentrique qui, comme l’a bien montré Joël H. Grisward (15), constitue une norme originelle dans le cycle de Guillaume d’Orange : point de vue qui impose de considérer la Gascogne comme un pays étranger (16), contre l’agressivité duquel il convient de se prémunir. Comment le vieil Aymeri de Narbonne y parviendrait-il plus efficacement qu’en régnant sur elle, grâce à l’un de ses fils ? Ou plus exactement – car Bovon n’est que le gendre du roi Yon de Gascogne, et n’accèdera pas immédiatement au trône – en rendant ce fils maître d’un glacis propre à s’interposer entre la plus sauvage Gascogne et la province de Narbonne ? Or – et c’est là que l’évidence géographique rejoint la vraisemblance linguistique – un tel glacis ne peut être constitué que par le Comminges : mais un Comminges, il faut le souligner, qui n’aurait pas encore été amputé de son annexe couseranaise, puisque c’est elle, proprement, qui fait la frontière avec les terres languedociennes.
Ceci nous ramène avant l’an mille, et cette haute date rend inacceptable l’exigence, que certains pourraient avoir, d’une attestation d’occitan *Commarques et non de français Commargis. En effet l’occitan d’avant l’an mille n’est guère documenté, et il est à peu près vain d’espérer rencontrer une forme aussi dialectale que *Comergues ’Comminges’ ! »

« Les remanieurs français, au talent de qui l’on doit le succès européen de la geste de Guillaume, ont traduit une épopée occitane qui, dès le Xlle siècle, était déjà complètement oubliée dans son pays d’origine. »

Cornebut proviendrait de la collusion de deux vers : fiz Boeve (de) Commarchis / Nebut al marchis.

Pour citer cet article proposé ici avec l’aimable autorisation de la Société française d’onomastique :

« Les suffixes en onomastique, Actes du Colloque de Montpellier (26-28 mai 1983, Université Paul Valéry, Montpellier III – Société française d’onomastique, sous la présidence de M. Jacques CHAURAND), publiés par Paul FABRE, Édition du Centre d’études occitanes, Montpellier 1985. »

Une version ressaisie par un profane est proposée ci-après, en complément de l’original qui seul fait foi.

Nota : l’ouvrage de J.H. GRISWARD cité à la bibliographie de l’article, fait l’objet d’un compte rendu par Jean-Claude Dinguirard disponible ici (voir page 8).

 

Références secondaires


1983 – L’épopée perdue de l’occitan : Guillaume d’Orange
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Dessins de J.-C. Dinguirard
Dessins de J.-C. Dinguirard

Plusieurs linguistes ont démontré l’existence d’une littérature épique occitane : Claude Fauriel, Gaston Paris, Robert Lafont et notamment pour la Chanson de Roland, Rita Lejeune.

Les travaux de Jean-Claude Dinguirard relatifs à L’épopée perdue de l’Occitan agrègent en faisceaux de nombreux indices qui renforcent la thèse de l’existence d’un prototype occitan de l’épopée de Guillaume d’Orange, au moins pour le nucléus Aliscans-Larchant, antérieur à la seconde moitié du Xe siècle, rédigé en languedocien de l’Aude principalement, voire aussi en occitan du Roussillon.

Parmi ces indices qui empruntent à la linguistique, à la philologie, à l’histoire et à l’ethnographie, à la phonologie, sont abordés les faits démarcatifs du récit qui attestent de l’existence d’un prototype écrit en occitan : l’omniprésence de l’olivier, l’envergure des personnages féminins ou les systèmes successoraux, ainsi que plusieurs démonstrations linguistiques. Sept mots ou expressions y sont étudiés : alcorbitanas, Commarchis, jovens, descunorted, mecresdi, nape, et comebut.

Ce texte alimente l’enquête onomastique sur le toponyme « Commarchis » que Jean-Claude Dinguirard attribue à la lecture, par un poète d’oïl, de la forme écrite languedocienne du toponyme gascon « Comminges ». Il aborde à nouveau cette enquête quelques mois avant son décès, lors du colloque de la société française d’onomastique qui s’est tenu à Montpellier du 26 au 28 mai 1983.

Ce texte propose de nouvelles pistes d’investigations dans la quête des littératures d’Oc et plus particulièrement, de Gascogne. Il invite à rouvrir le chantier de la quête des méridionalismes, et ouvre la perspective d’une mentalité pré-indo-européenne réminiscente au sein des peuples des Pyrénées, un thème cher à J.-C. D. que l’on retrouve par exemple, au sujet du serpent galactophage dans son émission radiophonique sur le folklore du serpent.

Initialement publié dans Via Domitia n°30, cet article de plus de 100 pages est à paraître aux éditions Lambert Lucas.

Avec cette réédition, nous partageons les espoirs exprimés par Pierre Berges dans son compte-rendu publié à la fois dans folklore (lien ci-après) et, en 1985, dans le n° 105 de la Revue des études cathares, page 91) « La route était longue, la mort est arrivée avant. L’originalité de Dinguirard était grande certes. Mais il m’apparaît qu’elle relevait aussi de quelque chose de collectif, forgé à Toulouse autour de Jean Séguy, de sorte qu’il n’est peut-être pas improbable d’espérer qu’un jour la quête soit reprise… »

Nota : l’ouvrage de J.H. GRISWARD cité à la bibliographie de l’article, fait l’objet d’un compte rendu par Jean-Claude Dinguirard disponible ici (voir page 8).

Nota : le manuscrit proposé sur Gallica, titre encore « Guillaume au court nez » au lieu de Guillaume au nez busqué.

Nota : avec l’autorisation de la Société de Mythologie Française, que nous remercions, ci-après un article de 1967 par A. Simula, nous rappelle qu’il faut lire Guillaume au nez busqué et non pas au court-nez !

Références secondaires


1981 – Une lecture de Marcabru – au ras des mots
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1981, J.-C. Dinguirard, Une lecture de Marcabru, Via Domitia 26

1. Du bon usage du contre-sens (avec une référence à Pour une sémantique du silence, 1980)

La traduction de Marcabru par le Docteur Dejeanne est ici corrigée et son auteur vertement repris, pour sa « courte vue linguistique » et son « manque d’intérêt (…) pour la culture médiévale et occitane » tout en lui reconnaissant le mérite d’avoir publié Marcabru intact.

2. Marcabru, y-es-tu ?

L’auteur enquête sur les indices permettant d’identifier Marcabru ou son entourage. Il propose l’identification d’Audric d’Auvillar, et fait naître Marcabru à l’occident de l’actuel département du Gers.

3. Perpaus deu Gascon

L’enquête se poursuit sur le plan linguistique, et circonscrit plus précisément le lieu de naissance de Marcabru : entre Pagus Aturensis et Pagus Armaniacus.

4. Vers del Lavador, VI

Où l’auteur traduit Crup-en-cami par matous au coin du feu, ce que validera ailleurs André SOUTOU. Il interroge aussi le mot folpidor.

5. En lisant la pastourelle

L’auteur nous distille ici un de ses décryptages de certains vers de la pastourelle, riche de sa culture gasconne propre et de son érudition parémiologique.

6. La structure des rimes dans la pièce II

L’auteur fait crédit à Marcabru, d’être un versificateur rigoureux. En rétablissant la structure des rimes, il identifie et corrige des erreurs de transcription et de traduction. Exercice rousselien qu’il affectionne, cet article est rédigé conformément à sa dédicace.

 

 

 

 

Références secondaires


1981 – Marrababelio Riben
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Marrababelio Riben
Marrababelio Riben

Une proposition iconoclaste pour expliquer le mystérieux couplet de Guillaume IX d’Aquitaine :

Tarrababart
Marrababelio riben
Saramahart.

 

 

 

 

 

 

 


1983 – Glanées, Via Domitia n° 30
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          • Vales Islonde (Chanson de Roland 2331) = Vales, Islonde (Galles, Irlande) ;
          • Manchac (biographie du troubadour Savaric de Malleo) = Magnoac ;
          • Un gasconisme méconnu : gadget < gàdje « outil, ustensile », en Haute-Bigorre », attesté par le dictionnaire de Simin Palay

Glanées, Via Domitia n° 30, pp. 149-150.

 

 

 


1970-1975 – Identités : démarcations linguistiques et rattachement administratif

Abbé Théobald LALANNE
Abbé Théobald LALANNE

Ressources audio qui illustrent les éléments constitutifs du sentiment d’identité des habitants du Ger. Une identité inclusive, puisque on fréquente voire se marie avec « alter ». Une identité plurielle, constituée d’éléments de démarcation et d’éléments communs, de faits linguistiques – phonologie et lexique donnant lieu à divers calembours et traits d’humour – comme d’enjeux économiques liés notamment à l’exploitation forestière, ou de rattachement administratif.

Sont également proposés ici sous le titre « Wörter und sachen« , une collection d’enregistrements de locuteurs habitant Ger-de-Boutx : les descriptions qu’ils procurent de leur lexique familier, phonologie comprise, sont autant d’éléments constitutifs de leur communauté langagière.

 

 

Les batailles de la haute vallée du Ger

Blessejar ou le fait de prononcer SH les S / ç

Différences entre patois de la haute vallée du Ger

Le double N - Nati et Vati tot es parenti

30sub Nati et Vati

Différences entre patois voisins - la pelle à feu etc.

Patois, différentes prononciations

Patois, mariage et métissage

Patois, les surnoms patronymiques

Patois, différenciation lexique onomastique phonologie

52 Les uns disent des autres (en gascon)

Enquête en démarcation géographique, procès avorté.

Cartographie linguistique et démarcation du patois de l'Ariège

Démarcation géog. et affinités électives

28 Spécificités du patois du Soulegna

30 Différences entre patois

28 Différences entre patois

Patois, différenciation lexique onomastique phonologie

Patois, différentes prononciations

Différences entre patois voisins - la pelle à feu etc.

Différences entre patois voisins - Venir etc

Jou vs Jo

Détresse de rattachement administratif 2

Détresse de rattachement administratif 1

31 Explic. diff. patois Couserans Comminges par l'influence des eveques Pamiers St B de C

Jurons commingeois de Ger de Boutx

Wôrter und sachen bols, lait et couteaux

Wôrter und sachen et procédés artisanaux - Baratte, bidon de lait, mastic étanche

Wörter und Sachen - Cuisine et fromage

Wörter und Sachen - Autour de la cheminée

Wörter und Sachen - Autour de la cheminée

Wörter und Sachen - la maison (suite)

Wörter und sachen autour du saucisson

Wörter und Sachen - Ger de Boutx - Thème de la maison

Wörter und Sachen - Ger de Boutx - Thème du grenier à foin

Wörter und Sachen - Ger de Boutx - Thème de la maison (suite)

Patois, Wörter und Sachen 1

Patois, Wörter und Sachen 2

Patois, Wörter und Sachen 3

Wörter und Sachen 4 - Alphonse XIII


1982 – Notes aquitaines
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Convenae et Couserans, Raymond LIZOP
Convenae et Couserans, Raymond LIZOP

Notes aquitaines. Via Domitia n° 27, pp. 55-70

Au sommaire de cet article :

1- Virgile de Toulouse et l’état linguistique de l’Aquitaine au VI° siècle
2- Le nom Comminges < Convenae et la phonologie de la langue des aquitains
3- Des basques au Val d’Aran ?

Résumé en version française plus bas, ici en occitan.

Convenae

Per jutjar de l’autenticitat de la forma latina CONVENAE, lo punt decisiu es dins los grops –nv- vs –mb-, saber se son tractats identicament o pas. Jean-Pierre Chambon e Yan Greub considèran que la confusion de –v- e de –b- (lo “betacisme” gascon) es precòça (Chambon & Greub 2002 p. 480) en s’apiejant justament sus las formas CONBENAS / COMBENAS portadas per de monedas merovingianas, qu’atestarián d’un passatge de v a b al sègle 6. E la forma CUMMONIGO d’una moneda del sègle 7 mostrariá que –mb- segondari (çò es eissit de –nv-) es tractat coma –mb- primari.

Lo lexic general del gascon suggerís lo contrari, çò es a saber que lo grop –nv- latin es tractat diferentament del grop –mb- ancian. Aital COMBA dona ben “coma”, e CAMBA dona “cama”, mas “invidia” dona “enveja” [embˈejo] (present tanben en toponimia) …Coneissi pas de formas gasconas del tipe *[emˈejo] ni “*comidar” per “convidar” o « *emèrs » per « envèrs »etc.

Lo lexic general del gascon suggerís doncas puslèu que lo betacisme es posterior a la reduccion de « mb » a « m » … e doncas relativement recent. Carolingian benlèu. Almens dins l’èst gascon (ont es pas generalizat : s’aplica pas entre vocalas « lavar » [lawˈa] e pas [labˈa] coma en Bearn, e mai qualque còp s’aplica pas après consonanta « mauva » < MALVA se pronóncia [mawwo] dins de punts ALF de Gerç, Òut e Garona e Tarn e Garona) .

Invèrsament, l’idèa d’un betacisme (relativament) recent plaideja per considerar que CONVENAE es una aproximacion/interpretacion latina coma o pausava Jean-Claude Dinguirard e que la forma reala èra COMBENAE. Explica dirèctament las notacions merovingianas ancianas qu’an –b-, e explica mai lo tractament per simplificacion –mb > -m- coma dins CUMBA > “comba”… e non pas la conservacion coma dins INVIDIA > “enveja”. E explica doncas perqué avèm “Comenge” e non pas “*Convenge”).

CHAMBON Jean-Pierre et Yan GREUB 2002 Note sur l’Age du (proto)gascon. Revue de lingüistique romane 263-64, 473-49

ALF = Jules Gilliéron et Edmond Edmont 1902-1920 Atlas Linguistique de la France, Macon: Protat.

Pour accepter ou non l’authenticité de la forma latine CONVENAE,  le point décisif se trouve dans le traitement des groupes –nv- vs –mb-. Il s’agit de savoir s’ils sont traités identiquement ou pas. Jean-Pierre Chambon et Yan Greub considèrent que la confusion de –v- e de –b- (le fameux “bétacisme” gascon) est précoce (Chambon & Greub 2002 p. 480). Il s’appuient pour cela justement sur les formes CONBENAS / COMBENAS que portent des monnaies mérovingiennes, et qui attesteraient d’un passage de v à b au 6e siècle. Ils s’appuient aussi sur la forme CUMMONIGO qu’on lit sur une monnaie du 7e et qui montrerait elle que –mb- secondaire (c’est-à-dire issu de –nv-) est traité comme –mb- primari.

Le lexique général du gascon suggère le contraire, à savoir que lo grop –nv- latin es traité différemment du groupe –mb- ancien. Ainsi CUMBA donne bien “coma” ‘vallon’, et CAMBA “cama” ‘jambe, mais INVIDIA donne “enveja” [embˈejo] ‘envie’ (présent aussi en toponymie) … Je ne connais pas de formes gasconnes du type *[emˈejo] ni “*comidar” pour “convidar” ‘inviter’ ou « *emèrs » pour « envèrs » ‘inverse, contraire’ etc.

Le lexique général du gascon suggère donc plutôt que le bétacisme est posterieur à la réduction de « mb » a « m » … et de ce fait relativement récent. Carolingien peutèêtre. Du moins dans l’est gascon (où il n’est pas généralisé : il ne s’applique pas entre voyelles « lavar » ‘laver’ est [lawˈa] et non [laβˈa] coma en Bearn, et même parfois non plus après consonne : « mauva » ‘mauve’ < MALVA se prononce [mˈawwo] dans quelques points ALF du Gers, du Lot-et-Garonne et du Tarn-et-Garonne.

Inversement, l’idée d’un bétacisme (relativement) récent plaide pour considérer que CONVENAE est bien une approximation/interprétation latine pour COMBENAE comme le posait Jean-Claude Dinguirard et que la forme réelle était COMBENAE. Cette hypothèse explique directement les notations merovingiennes anciennes qui ont –b-, ainsi que le traitement par simplification –mb > -m- coma dins CUMBA > “comba”… au lieu de la conservation suivie de bétacisme comme dins INVIDIA > “enveja”. Cela explique donc que jous avons une forme  “Comenge” ‘Comminges’ et non pas “*Convenge”).

Références

CHAMBON Jean-Pierre et Yan GREUB 2002 Note sur l’Age du (proto)gascon. Revue de lingüistique romane 263-64, 473-495.

Patrick SAUZET, linguiste Occitan

 

Note de l’éditeur : L’auteur nous révèle en marge de cet article de fond, quelques éléments fondateurs de sa manière de travailler :  « Une fois de plus, il convient sans doute d’humilier la linguistique aux faits » (p. 62) qui nous renvoie à l’ars difficilima nesciendi cher aux disciples de Jean Séguy et « (…) par le langage, on se fait déjà une idée de l’homme. On ne sort jamais de l’ethnolinguistique… ».

Références secondaires



1983 – Étymologie du mot « Gadget », un emprunt de la langue britannique au gascon de Haute-Bigorre
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Simin Palay
Simin Palay

« Un gasconisme méconnu. Le dernier volume du Trésor de la Langue Française aura considérablement déçu le patriotisme local, dans nos régions, en méconnaissant les lointaines, mais pourtant évidentes origines gasconnes de l’anglicisme gadget : sur la foi du Petit Robert peut-être, mais en tout cas sans l’ombre d’une vraisemblance, on l’y ramène au français gâchette ! »

Extrait du Trésor de la Langue Française :

GADGET, subst. masc.
A.  Petit objet qui plaît plus par sa nouveauté et son originalité que par son utilité. Le gadget c’est le truc, le machin, le bidule : un objet qui ne vise à aucune recherche esthétique, qui ne prétend à nul service, qui ne sert à rien ou dont la fonction est si futile qu’on devine bien que sa création n’a pas été dictée par un besoin (Le Monde, 10 avr. 1966 ds GILB. 1971).
B.  P. ext. Solution miracle. Aucun gadget ne sera suffisant pour freiner le développement du chômage si nous ne soignons pas en même temps les conséquences apparentes et la cause du mal (L’Express, 24 avr. 1967 ds GILB. 1971).
Rem. Gadget peut servir de deuxième élément de subst. composé. Avion-gadget, robe-gadget (cf. GILB. 1971).
Prononc. : []. Étymol. et Hist. 1955 (Ch. Bruneau in Le Figaro litt., in Chroniques lang., I, 130 ds QUEM. DDL t. 4); 1962 des gadgets de luxe (L’Express, no 598, 44, ibid.). Angl. gadget « id. » attesté dep. 1886 (ds NED Suppl.) en usage dep. prob. 1870; d’orig. incertaine, peut-être à rapprocher du fr. gâchette*. Bbg. Gadgétomanie (La). Actual. terminol. 1975, t. 8, no 3, pp. 1-2. – GIRAUD (J.), PAMART (P.), RIVERAIN (J.) Mots ds le vent. Vie Lang. 1970, pp. 50-51.

« Je rappelle que les terres gasconnes, longtemps restées britanniques, ont enrichi l’anglais d’un petit contingent de mots. Pour celui qui nous occupe, il suffisait de consulter le dictionnaire de Simin Palay pour y trouver « gàdje (…) outil, ustensile, en Hts-Big. » (…) personne sans grande valeur. »

Gàdje-Simin-Palay
Gàdje-Simin-Palay p. 40 / 677

Jean-Claude Dinguirard. Via Domitia n° 30, 1983.

 


1981 – L’adjectif Panal : l’énigme persiste
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 Le Hall du Livre NANCY Les plus anciennes chartes en langue provençale ; recueil des pièces originales antérieures au XIII siècle

Les plus anciennes chartes en langue provençale ; recueil des pièces originales antérieures au XIII siècle. Cl. BRUNEL

Articles jumelés de André Soutou et Jean-Claude Dinguirard, sur l’unique trace écrite de « panal » comme adjectif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


1981 – Gargantua, entre les Celtes et Lefranc
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Mme Gargantua par Daumier
Mme Gargantua par Daumier

1980, J.-C. Dinguirard, Gargantua entre les Celtes et Lefranc, Via Domitia 23.

L’auteur mène ici une enquête littéraire et linguistique sur les origines de Gargantua et ses liens avec les traditions populaires. Il montre qu’une pluralité de chroniques gargantuines ont précédé les Grandes et inestimables cronicques, qui n’est probablement pas l’édition originale, mais une édition revue et augmentée qui par inadvertance conserve la table des matières d’une édition antérieure puisqu’elle ne lui correspond pas.

L’auteur souligne ensuite le fait que les chroniques gargantuines se rattachent fort explicitement, par Merlin et par Artus, à la matière de Bretagne sans pour autant que celle-ci fasse apparemment état de Gargantua. Toutefois, il peut ne s’agir que d’un pur artefact de littérateur, comme cela s’est observé ailleurs.

L’auteur nous livre une analyse linguistique du nom « Gargantua », un nom d’origine occitane et qui n’a pu naître que dans une région où l’amuisement de -t fut précoce : la Provence.

L’auteur enfin salue les travaux de la Société de Mythologie française, notamment ceux de H. Dontenville et du professeur Henri FROMAGE , qui ont mis au jour dans le légendaire gargantuin la présence d’une sorte de palimpseste rousselien grâce aux syllabes obsédantes Moul- et Borb- que l’on retrouve dans le nom même de Mulat-Barbe : le Gargantua de H. Dontenville se superposent tout à fait au Mulat-Barbe gédrois (et à Millaris, de Lesponne).

Si l’auteur conclue à l’improbable celtité de Gargantua mais se réjouir de l’existence de cette hypothèse, puisque « Métamythiquement parlant, la prolifération du sens est signe de vie et preuve de santé ».

Quelques liens et documents d’intérêt :

Parmi les références bibliographiques de cet article :

 

« Rabelais est-il mort ? Voicy encore un livre.

Non, sa meilleure part a repris ses esprits,

Pour nous faire présent de l’un de ses escrits

Qui le rend entre tous immortel et fait vivre.

Nature Quite »

Références secondaires



1979 – Galoureau
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Étymologie de « Galoureau », avec Sorel et Béroalde de Verville.

 

 

 

 

 


1973 – Faut-il appeler un chat un chas ?
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Article d’étymologie critique, en lien avec les Structures étymologiques du lexique français de Pierre Guiraud.

Repris dans l’Organographe n°27 du Collège de ‘Pataphysique.

 

 

 

Références secondaires


1974. FOSSAT, J.-L. Contribution à l’étude de l’expression du vent d’Autan en domaine linguistique occitan
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Pour un linguiste réaliste de l’école toulousaine de dialectologie, l’analyse du signifié Autan passe par la méthode de la géographie linguistique : lecture de cartes où figure le signifiant Autan. Sur les tables de dépouillement des faits linguistiques est pratiquée une série de mesures qui ont pour objectif d’apprécier la distance linguistique qui sépare les unités ponctuelles des cartes linguistiques où figure le signifiant-signifié Autan: typologie des bases lexicales (c’est-à-dire état des faits linguistiques bruts) — typologie sémantique, car le signifiant-signifié Autan n’est pas univoque.
Cette analyse est pratiquée sur la base des données des Atlas linguistiques de la Gascogne, du Massif Central et du Lyonnais; ainsi que sur des sondages opérés dans Y Atias linguistique du languedocien occidental, en cours d’élaboration.

Dans sa conclusion, l’auteur réaffirme par une référence implicite à l’Ars difficillimma nesciendi son allégeance à l’école de dialectologie toulousaine fondée par Jean Séguy : « Certaines de ces formations ne sont pas d’interprétation facile : pourquoi Autan blanc ~ noir? Pourquoi Autan mâle? Pourquoi le masculin Autan est-il devenu féminin — à condition que le problème se pose en ces termes? Les virtuoses ne manquent pas pour répondre à ces questions; mais là n’est pas pour nous le problème; car pour nous, ce qui compte, ce n’est pas l’inutile et nuisible virtuosité, mais les opérations manuelles sur ce que dit, dans sa langue vivante, le peuple occitan. »


Extrait des annales de Couledoux et de Ger de Boutx, du XVe siècle à nos jours

« Origine du mot Couledoux et de la paroisse »

 

« Couledoux est entouré de 9 montagnes. Il a une altitude moyenne de 900 mètres, possède des maisons par-ci par-là groupées autour de la montagne de Bazet. Le village reçut son nom, dit une légende, d’une dame épouse d’un intendant de Colbert envoyé ici pour exploiter les forêts de sapins devant servir à la construction des navires. Le délégué royal alla s’installer au quartier du Palan du Rey et donna son nom au hameau qui fait partie de la commune de Melles. Le lacus, un de nos hameaux les plus considérables, reçut son nom des travaux de l’intendant de Colbert, comme il n’y avait pas de route pour transporter les bois et que le Ger n’était pas flottable, on arrêta les eaux au moyen d’un barrage dont les montants en maçonnerie existent encore et qu’on appelle « La Récluse ». Un lac était ainsi formé. On ouvrait les écluses et les sapins se précipitaient dans le lit du ruisseau et la première expédition qui se fit dans ces futurs mats de navires, la dame de l’intendant de Colbert s’écria en voyant les bois descendre le torrent : « Oh ! Que ça coule doux ». Origine dit-on du nom de Couledoux.

Couledoux fut donc habité pendant le siècle de Louis XIV, mais les chemins qui y conduisent sont de création récente. Le premier partant du Pont de l’Oule ne date que de 1868 et il n’y a que trois ans qu’on a établi les routes permettant de circuler dans les divers quartiers. En 1929 il a été procédé à un élargissement de la route d’arrivée, depuis le pont de l’Oule jusqu’au Lacus. Le nouveau tracé en face du quartier de Labe(…)e est d’accès plus facile mais il est regrettable que cette construction aie fait disparaitre le puits du Ger ou lac bleu, qui faisait l’admiration des touristes. Au point de vue religieux, la paroisse est restée très longtemps une paroisse annexe de Portet-d’Aspet et faisait partie du Diocèse de Couserans, dont les évêques avaient leur siège à St Lizier (sic !) près de St Girons. Couledoux était desservi par le vicaire de Portet. Nous ne possédons leur registre décrivant les actes de baptême, mariage, décès, que depuis 1700. 24 vicaires de Portet ont exercé le saint-mystère à Couledoux de 1700 à 1790. C’est Jean-Baptiste Marquié de Cussol, Seigneur de Roquefort, qui en sa qualité de lieutenant de Pamiers fournit les papiers marqués à Couledoux. Le dernier vicaire de Portet chargé du service de Couledoux, le sieur Caubet, ne signe aux registres que jusqu’au 25 décembre 1793 en qualité d’officier public. Les actes sont alors purement civils. Pas de mention d’état religieux. M. Caubet est devenu membre du conseil général de Couledoux, canton d’Aspet ; auparavant il avait signé ses actes comme vicaire du 15 août 1791 au 16 décembre 1792 en qualité d’officier public. En 1794, an III de la République, et en l’an VI de la même République, ce sont les citoyens de Couledoux qui signent les actes d’état civil, ce qui laisse croire que le service religieux y fut longtemps suspendu. On ne retrouve les actes religieux qu’en 1807, époque où Couledoux est érigé en succursale. Le premier curé de la succursale est l’abbé Gouarré, né à Ger de Boutx. Il reste 9 ans à Coulédoux et alla mourir à Milhas dont il était devenu le passeur. A l’abbé Gouarré succéda un prêtre d’origine espagnole, l’abbé Encointre, qui fut précisément curé de Razecueillé et resta 46 ans à Couledoux. Les traditions religieuses y furent implantées fortement. Ainsi, il n’y a jamais de vêpres dans cette paroisse. Tous les curés qui ont succédé à l’abbé Encointre, ont vraiment tenté d’y établir les offices du soir. Il est vrai que la situation topographique de la commune ne permet d’agir autrement. Aussi pour les grandes fêtes, se contente t’on du Rosaire avec salut du saint sacrement, comme en Espagne. La foi existe dans cette paroisse et se manifeste surtout par le culte des morts et la dévotion à Sainte Germaine. Puissent nos populations conserver intacte la croyance à l’immortalité de l’âme manifestée à Couledoux par les nombreux cierges allumés sur la tombe des défunts.

Colbert, ministre de louis XIV fit défricher le bassin du Ger. La première maison de Couledoux avait été bâtie par un déserteur de Landorthe sur un pic élevé, lieu choisi d’où il pouvait découvrir au loin la maréchaussée de France venant pour l’arrêter. Quel est ce pic ? Il serait curieux de le connaitre. La chose est assez difficile car Couledoux possède beaucoup de pics. Cependant, nous avons des raisons de croire que c’est le « Mount (…)Ner  » qui surplombe le pont de l’Oule et permet de s’étendre au loin vers Sengouagnet et Aspet.

La première église fut construite en 1687 et restaurée en 1771, puis rebâtie à neuf en 1879 d’un style romain très pur avec superbes vitraux et cloches d’une sonorité remarquable. L’église actuelle de Couledoux est une des plus belles du canton d’Aspet. Cette église risque de perdre sa bonne renommée car sa toiture ayant été négligée, elle a subi les ravages du mauvais temps.

Les habitants de Couledoux se marient très rarement avec des étrangers. Aussi, quand la chose se produit comme en 1907 lors du mariage d’Emile Castex avec Alexine ( ?) Maylin, c’est un évènement pour le pays. A cette occasion le curé desservant fit des vœux pour que le dicton très en honneur dans le village « a natis et bâtis qu’en toutes parentes » subisse des modifications. (…) Le même desservant signalait l’abus du trop grand intervalle entre l’union civile et le mariage religieux mais il se réjouissait en même temps de voir cet abus peu à peu disparaitre.

A une petite demi-heure de Couledoux se trouve un petit hameau coquettement assis dans un petit nid de verdure et couronné par une forêt de sapins. C’est le Ger, peuplé de 75 habitants, section communale de Boutx dont il est éloigné par un chemin de 9 heures. C’est un vrai site de la Suisse. Au point de vue religieux, le Ger de Boutx est rattaché à l’église de Couledoux depuis 1888. Jusqu’alors, de nombreux vicaires l’avaient desservie. Les mœurs, les pratiques religieuses, le caractère des gens, le langage, les traditions de famille n’ont rien en commun entre les deux villages. Le petit torrent du Ger creuse l’immense fossé entre les deux localités. Un seul prêtre est né à Couledoux, l’abbé Megardon, qui fut curé de Melles et nommé curé d’Arnaud-Guilhem vers 1872. 6 prêtres sont sortis de Ger de Boutx. La famille Mothe, dit Hilhine, en a donné 3 à l’Eglise. Le premier était le chanoine de st Bertrand de Comminges en 1633. Il s’appelait Pierre. Le second, nommé Paul, fut professeur de théologie au collège de la mission à Toulouse, puis curé de Sengouagnet et de Boutx. Pendant la Révolution, il courut le risque d’être fusillé en se promenant au Col de Mente. Deux chasseurs de St Béat l’avaient pris pour cible, mais l’un d’eux, ancien élève de Paul Mothe, le reconnut et ne tira pas. L’ancien professeur de théologie devient précepteur en Espagne, où il s’expatria jusqu’à la signature du Concordat. Rentré en France, il voulut desservir la petite section de Boutx et vivre tranquille au milieu des siens, bien que le Cardinal de Clermont-Tonnerre lui eut offert un doyenné. Il mourut au Ger le 4 avril 1855 à l’âge de 92 ans. Le 3ème abbé, Mothe Célestin, a été curé de Couledoux pendant 14 ans. Il est décédé curé à Payssous, à l’âge de 40 ans le 2 février 1904.

La famille Gouarré a aussi fourni 2 prêtres. L’un fut vicaire à Gratens, de 1720 à 1756 et mourut là. Le 2ème appartenant à la famille Gouarré, s’exila avec l’abbé Mothe en Espagne. Quand le calme fut rétabli, il rentra en France lui aussi et exerça le saint ministère à Coulédoux, de 1807 à 1816. Il mourut curé de Milhas à l’âge de 80 ans. Le 6eme naquit de la famille Noguès, au quartier de l’Espounille, chez Pey de Bon. Il avait nom Martyr, curé de Juzet de Luchon. Il fit rebâtir l’église de cette paroisse avec les secours que lui donna l’Impératrice. Il prit sa retraitie au Ger où il mourut le 20 septembre 1883 à 79 ans. Il désira être enterré sur le passage menant à l’église sans aucun signe distinctif, voulant après sa mort être foulé au pied par les passants.

Le 18 février 1913, par un temps neigeux, eurent lieux à Ger de Boutx les obsèques de Célestin Megardon, décédé à l’hôpital militaire de Toulouse à l’âge de 21 ans. Né d’une famille honorable et chrétienne, il fut toujours un fils droit, aimant et respectueux. On part le donner comme modèle aux jeunes gens. Chrétien éclairé et convaincu, il savait élever les conversations auxquelles il prenait part. Il ne craignait pas à l’occasion de montrer sa foi (…) à la sonnerie du Sanctus, il savait interrompre son travail, se découvrir et s’unir au sacrifice de la messe. »